Cf. Claude, Déf. de laRéfonn., Il» p., ch. vi
larmin on par le cardinal de Richelieu, et que les contre versistes se passaient de main en main. Il est vrai que pour masquer cette insuffisance, Nicole s'attarde à chaque pas en ces dissertations morales où sa solide psychologie excelle ; il profite de chaque tournant de la route pour revenir de l'étude du passé à la considération du présent. Mais c'est autre chose qu'il fallait ici; il fallait des faits, de la critique : Nicole raconte peu et ne discute point\
Et pourtant l'idée était bonne et le sujet fécond. Creusée à fond, cette histoire des origines de la Réforme et des procédés des Réformateurs pouvait avoir, au point de vue des catholiques, son efficacité probante; il était à souhaiter que quelqu'un l'entreprit de nouveau, mais cette fois en s'y aventurant d'un pas plus ferme, en s'appuyant sur une science plus sohde et plus choisie... C'est Bossuet qui le tentera : VHistoire des Variatioîis est, par un de ses côtés^ le co?7ij)léme?it^ développé des Préjugés légitimes, de IVicole. '"^
A cet ouvrage de Nicole, esquissé plutôt qu'achevé, Claude s'était empressé de répondre, et il l'avait fait, sinon avec plus d'érudition, — il n'était pas, non plus, un historien de profession, ni de goùt^^ — du moins avec une subtilité assez précise sur les points importants et une confiance si chaleureuse et communicative, dans le tonde tout l'ouvrage, que sa Défense de la Béforme avait eu du succès, même parmi les catholiques. Pour répliquer directement à cette réponse heureuse, il eût fallu de grandes lectures, de « grands recueils, » et « ne rien avancer au hasard...» Nicole s'en rendit compte^. Il avait fait, presque à lui seul, la Perpétuité ; il recula devant un travail aussi lourd sur des sujets moins familiers, et il préféra continuer d'exploiter cette méthode des
1. Sur le peu de cas qu'on faisait de ce livre, v. Ba'I'le, Nouv. Lett. crit. sur l'Hist. du Calv., XXII.
2. « Il ne faudrait avoir recours qu'à l'Écriture sainte. » Préf. de sa Réponse au livre de M. Arnauld. — Cf. R. Simo.n, Lett. ch., t. II, p. 113 sqq.