Part. II, ch. i
tions aussi complètes , aussi sûres , aussi nettes que possible, et Ton s'aperçoit de reste' que, comme il dit ailleurs, il « n'a plaint aucun travail ^ »
D'abord, il a le bon esprit de reconnaître décidément qu'il ne doit attribuer aux auteurs de seconde main qu'une autorité très médiocre. Ses adversaires protestants viennent de lui montrer deux passages qui, manifestement, se contredisent, et chez qui? Chez le classique historien de l'Eglise ^ chez ce Baronius, où les théologiens catholiques puisent les yeux fermés. Bossuet l'excuse de son mieux, mais il se le tient pour dit : « C'est à nous à ne déférer à ses sentiments qu'autant que nous les trouverons soutenus par de bonnes raisons. » Et le voici qui, en y réfléchissant, définit très judicieusement le seul genre de secours qu'il convienne d'attendre des historiens modernes : « // faut prendre d'eux les choses en gros et profiter des lumières que nous donne un savant auteur pour assurer davantage les faits et pousser plus avant les recherches *. »
C'est ce qu'il fait. Il « pousse plus avant », et il ne se dispense plus à présent de remonter aux originaux. Il se reporte au texte grec de Palladius « que le docte M. Bigot vient de donner^ » et que Baronius et Bellarmin n'avaient point vu. Il s'autorise du « missel de Gélase que le savant Père Joseph-Marie Tommasi a tiré, à Rome, de la riche bibliothèque de la savante Christine, reine de Suède".» Il va plus loin : il cherche, — ou il fait chercher par ses amis, — des documents manuscrits. Mabillon, Ruinart, De vert lui envoient des textes d'an-
1. Voy. par exemple, part. II, chap. xx, des textes nouveaux de Grégoire de Tours, de Bède le Vénérable, etc.