‹ BossuetChapitre 25 sur 30 · LES DERNIÈRES POLÉMIQUES · texte numérisé non relu

LES DERNIÈRES POLÉMIQUES

fameuse cordelière d'Agfreda. En 1698, il est associé au changement de la politique de Louis XIV à l'égard des protestants restés en France, inspire les Instructions plus douces envoyées alors aux Intendants, soutient une longue correspoîidance a ce sujet avec l'intendant Lamoignon de Bàville et les évoques du midi de la France. En 1699, il reprend, à la prière de Leibniz, la négociation — à laquelle il s'était déjà mêlé de 1691 à 1693 — d'une rentrée des Luthériens dans l'Eglise romaine, et il la poursuit deux années. Il ne lait pas alors un voyage de Meaux à Paris « sans emporter le portefeuille des écrits des théologiens de Hanovre ». En même temps, il se retourne encore une fois vers les protestants restés en France, et, dans deux Instructions pastorales sur les Promesses de Jésus-Christ à son Église, il leur adresse un dernier appel.

L'année 1700, oîi se réunit une assemblée générale du clergé, lui apporte un redoublement de labeur. Il tient à profiter de cette réunion de l'Eglise française pour faire condamner par elle, non seulement les ei'reurs quiétistes que Rome venait de frapper, mais les erreurs molinistes ou jansénistes qui, de nouveau, entraient en conflit, et principalement les propositions que les casuistes relâchés osaient de nouveau soutenir. Après avoir signalé au roi et à Mme de Maintenon ces renaissances pernicieuses, après avoir revu ses mémoires de 1682 sur ces matières et en avoir composé d'autres qu'il soumet à l'assemblée, c'est lui qui, dans les commissions, rédige les décisions à prendre et les instructions à envoyer au clergé de France. Puis il réfute et il dénonce à Rome les con-

RÉBELLiAU. — Bossv.et. 12

cessions du cardinal Sfondrata sur le péché originel et le salut des enfants morts sans baptême ; il combat, avec la faculté de théologie de Paris, la tolérance des Jésuites, aux Indes et en Chine, pour les rites païens. De 1700 à 1704, tout le temps, il est occupé des Jansénistes et dé Richard Simon. Ceux-là prétendaient réhabiliter les assertions condamnées de leurs anciens patrons sur la grâce; celui-ci, après avoir continué de démolir « la tradition et les Saints Pères » sur l'exégèse de l'Ancien Testament, donnait une traduction française de l'Evangile faite d'après ses principes. Contre les Jansénistes, il entreprend un ouvi'age sur l'autorité des Jugements ecclésiastiques^, contre Simon, il termine sa Défense de la Tradition et interdit par deux vigoureuses Instructions la version du Nouveau Testament. Ajoutons que, depuis 1700 aussi, il travaille assidûment à mettre en état de paraître sa Politique tirée de l'Ecriture sainte. Si l'on tient compte avec cela qu'il s'acquitte scrupuleusement de ses devoirs d'évêque, jusqu'à faire parfois le catéchisrçe dans la cathédrale de Meaux, jusqu'à parcourir son diocèse en prêchant, « en allant d'une paroisse à l'autre, l'Évangile à la main ' », on aura l'idée — incomplète encore — de cette activité d'un homme de soixante-quinze ans.

Activité d'autant plus méritoire que ces dernières polémiques ne pouvaient que l'enfoncer dans un

1. L'abbé Le Dieu, Mémoire, p. 119. Cf. Rei>ue Dossiiel, 1900 et 1904.

Page 1