CHAPITRE I
AlasecoDde, ilPépoDdquerien ce justifiait le schisme accompli par les Réformateurs, et que rien oe peut jamais excuser le schisme.
Nous n'entrerons pas dans le détail de cette grave, éloquente et savante réfutation : nous ne nous y sommes arrêté que pour signaler le prélude de tant d'actes de ce genre, qu'il a dû accomplir dans la suite de sa carrière. Mais on ne sera pas fâché de lire un extrait de sa Conclusion, qui renferme aussi l'abrégé des exhortations qu'il a tantde fois adressées au peuple des protestants. Après avoir qualifié la témérité de son adversaire, qu'il se flatte d'avoir réduit au silence, il fait une concession et une distinction Importante, accordant qu'il pouvait y avoir des abus dans la discipline, mais n'en reconnaissant pas dans la foi :
n S'ilyades abus en l'Eglise, (i) sachez que nous les déplorons loun les jours, mais nous détestons les mauvais desseins de ceux qui les ont voulu réformer par le sacrilège du acbismo. C'est là le triomphe de la charité, d'aimer l'unitâ catholique malgré les troubles, malgré ks scandales, malgré les dérèglements de la discipline qui paroiasent quelquefois dans l'Église; et celui-lfi entend véritablement ce que c'esiquela fraternité chrétienne, qui croit qu'il n'y a aucune raison pour laquelle elle puisse être violée. Dieu saura bien, quand il lui plaira, suBcllor des pasteurs fidèles, qui réformeront les mœurs du troupeau, qui rétabliront l'Église en son ancien lustre, qui ne sortiront pas dehors pour la détruire, comme ont fait vos prédéceaaeurs. mais qui agiront bu dedans pour l'édifler. C'est pourquoi nous vous conjurons que vous fassiez enfin pénitence de cette pernicieuse entreprise de nous réfarnter en nous divisant, et d'avoir ajouté te malheur du schisme à tous les autres maux de l'Église. Et ne vous persuadi-z pas (ce sont les paroles desaiDtCyprien), que vous défendiez l'Ëvangile de Jésus-Christ, lorsque voos vous sépa-
rez de son iroupeau etdnsa paix et de sa concorde, étant plus coaveoabte à de bons soldats de demeurer dans le camp de leur capitaine, et là de pourvoir d'un commun avis aux ctioses qui seront nécessaires. »
Quels furent les résultats de cette habile réfutation et de cet éloquent appel ? Bossuet ne s'attendait pas sans doute que des peuples passionnés pour leurs croyances en changeraient aisément; mais sa parole pouvait gagner des particuliers. On dit en effet qu'il obtint de nonab reuses conversions dans le protestantisme messin. Et, si l'on ne songe qu'à des succès de ce genre, on en volt des exemples dans toute sa vie. C'est à peu près tout ce qu'il est permis à des hommes, si grands qu'ils soient, d'espérer de leurs efforts. Les ministres protestants avaient en ce point un grand avantage. On réussit assez souvent en préchant la révolte, et certainement la Réforme était un mouvement de révolte contre l'Eglise de Rome. Il est beaucoup plus difflcile de ramener les hommes à la soumission et & la paix. Abandonner les églises dissidentes, c'était, selon les apparences, renoncer à la liberté qu'on croyait avoir conquise. La cause du catholicisme était évidemment moins populaire, et au premier aspect, moins généreuse que l'autre. Elle était donc beaucoup moins ai.9ée à gagner, si ce n'est auprès de quelques juges capables de réviser, dans l'intimité de leur conscience, le procès des deux religions. Bossuet put donc gagner par ses arguments unTurenne et d'autres personnages illustres; mais son éloquence ?e perdit, ou peu s'en faut, devant la multitude, qui sans doute n'en eut même pas connaissance.
Mais comment ses intentions charitables furent-elles cette fois appréciées par le principal intéressé, par