CHAPITRE VllI
justifia le concile, en alléguaDt des ar(;iimeiits tirés ingénieusement de l'iiistoire et de pratiques anciennes (1). Ces questions d'authenticité ont été renouvelées dans ie siècle où noua sommes par des méthodes nouvelles, ainsi qu'on le sait; mais il est bon de se rappeler que l'ébranlement causé aux bases de la foi chrétienne par la critique des sources a été inauguré par Jurieu, énergiquement continué par Leibniz; et que Bossuet, de son cûté, a donné l'exemple de l'attachement invincible aux traditions, dont la perpétuité constitue en grande partie la solidité des croyances catholiques. C'est ainsi que ces deux grands hommes de génies si différents se dressent comme deux colonnes lumineuses à la tâte des deux partis opposés. On peut dire, selon les sentiments dont on est prévenu, que l'un préside à la science qui marche en avant, et l'autre à celle qui résiste et maintient ses positions. Les représentants de ces deux écoles peuvent bien s'injurier mutuellement, et mâme abuser de leurs avantages temporaires; mais qui décidera défloitivement de la querelle ? Ni antiquité ni nouveauté ne sont des signes certains de vérité.
(1) Lettres du 19 et du 17 aaiit ITDl.
iCHA PITRE IX.
Bossuet et Richard Simon. — Concituion.
Tandis que fiossuet faisait tous ses efforts pour rallier les protestants à la foi catholique, uo danger nouveau et inattendu menaçait non seulement cette foi, mais en même temps toutes les croyances chrétieunes. C'était la critique appliquée aux fondements de la religion, cette critique savante qui, prodigieusement développée dans notre siècle, et surtout par les protestants d'Allemagne, a contribué, beaucoup plus peut-être que l'incrédulité philosophique du dix>huitJème siècle, à répandre te doute sur les origines du christianisme, et à faire considérer ce qui reste dans le monde de foi religieuse comme étant la marque d'esprits rehelles aux progrès de la science (1).
L'homme par qui fut inaugurée cette critique meurtrière pour la religion fut, après des protestants tels que JurieU) Leibniz et Bayle, un prêtre catholique, un membre de la pieuse et savante confrérie de l'Oratoire, nommé Richard Simon. S'étaat appliqué à l'étude des langues anciennes et particulièrement des orientales, il se crut appelé à renouveler la science des fon-
(1) Il faut lemiirqiier que c'est vert le mEme temps qae le Train Tkielogice-foliliqsr Ûc SMnou se répanilit eo France i la laveur d'une IradDctitui (rani;>lse \iii:>ii.