‹ Bossuet et le Protestantisme: étude historiqueChapitre 116 sur 122 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

tioD : au moins u'est aiDSi que Bossuet la prend contre le nouveau commentateur.

( Il croit pouvoir imposer au monde, et décider sur la foi et sur la théologie par le grec ou par l'nébreu dont il se vante • (1).

€ Sans ici lui disputer l'avantage qu'il veut tirer de ces langues et sans embrasi>er le parti de ceux qui y excellent le plus, et qui n'avouent pas que M . Simon y ait fait autant de progrès qu'il se l'imagine (2), je me contenterai de lui faire voir dans la suite de cet ouvrage, qu'il est tout à fait novice en théologie, et non seulement qu'il prononce trop hardiment, mais encore qu'il prononce mal, pour ne rien dire de plus, sur des matières qui le passent » (3).

Cette préface fait prévoir une assez vive réfutation . En effet, dans les premiers chapitres, Bossuet porteune sorte de bonne humeur qui égaie le lecteur aux dépens de ce théologien téméraire, que les ennemis du catholicisme vantaient déjà comme un de ces athlètes que personne n'ose affronter, îipu! à[iai[iàïeToc, Bossuei ne se laisse pas entraîner à des disputes grammaticales, mais allant droit au fond des choses, il donne à penser que si M. Richard Simon était un grand philologue, il n'avait du moins pas droit à un rang très élevé parmi les critiques de bon sens et d'une logique très sûre.

Dans les premiers chapitres de son ouvrage (partie Â, livre I), Bossuet s'applique à faire bien saisir le caractère de l'auteur qu'il réfute et son dessein, qui en vérité, quelque cas que ses partisans fassent de lui, n'est pas

(1) P*«e IX.

(S) Voirsi's résiTTCs àeeanjet, J-arl/1, 1. lV,c,XII,p. IMetp.UO.

0) Fige IX.

tout d'abord d'une clarté parfaite : on voit assurément un auteur d'un esprit subtil et dissimulé ; mais il n'a eu garde d'exposer son plan et la méthode de ses ouvra(^ d'une manière simple et commode à embrasser. Il a presque toi^ours un autre dessein que celui qu'il affecte : quand il annonce qu'il veut défendre la tradition, ou qu'il gloriâe un auteur, soyez presque sur que c'est le contraire qu'il va faire ; et s'il paraît vouloir combattre les protestants ou les Eociniens, c'est qu'en ce momentlà il insinue quelque chose en leur faveur. Cet artifice a certainement été familier à de grands polémistes ; mais Simon n'a pas la forme élégante ni peut-être la passion d'un Pascal ou d'un Voltaire, pour faire goûter la malice de leurs procédés : ce n'est pas leur fine ironie qu'on peut admirer en lui, non plus que !a franchise fondamentale de leur polémique : ce qui est chez d'autres une stratégie plaisante, ne parait guère chez lui que de la duplicité : il déguise sa marche, parce qu'il ne sent pas sa conscience bien nette.

Pourquoi d'abord se donne-t-il tant de travail à faire passer saint Augustin pour un novateur sur les matières du péché originel, de la prédestination, de la grâce, et sur tout ce qui se rattache à ces dogmes ? Quoi ? saint Augustin hérétique ou sentant l'hérésie i Quelles vues paradoxales, et à quelle fia? Richard Simon veutil ruiner le crédit d'un Père dont l'autorité a été trop souvent alléguée par les réformateurs "Wiclef, Luther et Calvin, et enfin par les Jansénistes ? Tout cela est-il sérieux î Ou n'est-ce pas plutôt pour ébranler, dans la personne de saint Augustin, la doctrine de toute l'Eglise, par qui la sienne a été si bien embrassée; et conclure enfin qu'il n'y a pas de véritable autorité, puisque

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