‹ Bossuet et le Protestantisme: étude historiqueChapitre 19 sur 122 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Article II.

Conférence avec M. Claude (1678) (1).

Pour conclure le livre de l'Exposition, l'auteur s'adressait en ces termes à toas les dissidents (2) :

" J'espère que ceux de leur communion qui examineront équilablemeat toutes les parties de ca traité, serool disposés par celle Lecture à mieux recevoir les preuves sur lesquelles la Toi de l'Eglise est êiablie ; et reconnai Iront, en attendant, que beaucoup de nos controverses se peuvent terminer par une sincère explication de nos sentîmens ; que notre doctrine est sainte, et qne selon leurs principes mêmes (de quelques ministres) aucun de ses articles ue renversa les fondemens du salut. »

Est-ce là le ton d'un homme animé de sentiments despotiques, et qui, comme on l'a dit de Bossuet, veut toujours foudroyer, et ne laisse aucune place à la discussion ? Il est au contraire si doux et si accommodant, qu'aux yeux de ces ministres arrogants avec lesquels il traite, c'est lui qui parait prCt k excuser sa foi et à se porter au devant de celle de ses adversaires. Ceux-ci se trompent assurément sur son attachement raisonné aux enseignements de l'Eglise ; mais il concilie à merveille la conviction avec la douceur : c'est le caractère de la vraie force.

a Si quelqu'un, ajoute-t-it, trouve à propos de répondre à ce traité, il est prié de considérer que, pour avancer quelque

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chose, il De faut pas qu'il entreprenne de réfuter la doctrine qu'il contient, puisque j'ai eu dessein de la proposer seulement, sans en faire ta preuve, et que si en certains endroits j'ai touché quelques-unes des raisons qui l'établissent, c'est à cause que la connoissance des raisons principales d'une doctrine fait souvent une partie nécessaire de son exposition, b

De la condescendance de la part des ministres, il avait tort d'en attendre : tant qu'il vivra, il se verra obligé de disputer contre eux ; ils seront inépuisables en griefs, en arguments, en tous ces moyens de quereller qu'il aurait voulu éviter. C'est que leur charité n'était assurément pas égale à la sienne, et que leur doctrine, ayant pour premier fondement la révolte, ne pouvait se soutenir que par l'opposition et par la censure hautaine, pour ne pas dire fanatique, de tout ce qui appartenait à l'Église romaine.Il aura donc toujours, malgré son amour pour la paix, les armes à la main, et quoique sur la défensive, il paraîtra chercher la guerre, parce qu'il la fera merveilleusement bien. On a peine en effet à comprendre qu'un homme puisse combattre sans relâche, quoiqu'il ait en aversion les luttes inces' santés et toujours ranimées par des antagonistes irréconciliables.

Le premier adversaire irréductible qu'il rencontra fut le pasteur Claude, ministre de Charenton, l'un dos chefs les plus autorisés et les plus militants des églises calvinistes en France, au reste esprit supérieur, éloquent et savant, en même temps qu'homme de bonne compagnie.

Mlle de Duras, nièce du vicomte de Turenne, avait lu VExposilion de la Doctrine ; mais elle avait encore quelque doute sur lus qiiL'Stions de religion (1). Elle fit

(DBottnct, Œmre>,%. xni, p. NMetsiiT.

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