CHAPITRE IV
u'a jamais varié ni fait défaut dans l'Ëglise ; que, par conséquent, sans se tant démener, comme l'ont fait les protestantSjpour arrivera une expression irréprochable, qui les fuit toujours, il faut s'en tenir à la voix una- Diine de l'Église catholique, qui résout toujours, comme elles les a toujours résolues, toutes les difficultés qui peuvent se préseotisr aux esprits qui cherchent de bonne foi la vérité ; et qu'enfin elles ne seront jamais résolues par les lumières ni des particuliers ni des groupes qui se détachent du centre de l'unité religieuse (1).
Si l'on veut maintenant lire à part ce qu'il y a de plus émouvant, disons même de plus tragique dans ce grand ouvrage historique, il faut s'attacher à l'histoire de la Réforme en Angleterre {livre VII). C'est là qu'on verra ce que c'est que la religion mise sous le pouvoir absolu du prince et qu'une église gouvernée en toute chose par un roi et un parlement : idéal qui a séduit cependant nos philosophes du xvjJie siècle, surtout Voltaire, et beaucoup de ses disciples depuis ; comme si la liberté de conscience était mieux garantie par un pouvoir civil que par une autorité ecclésiastique, et que ceux qui portent l'épée fussent les meilleurs juges de ce qu'on doit croire, ajoutons les plus sûrs gardiens de l'unité religieuse dans un pays. Ce que l'Angleterre a souffert sous un Henri VIII et sous ses héritiers, Edouard YI, Marie, Elisabeth ; le degré d'abaissement où cette nation est tombée en matière de religion sous ce gouvernement qu'on suppose paternel et conduit par la raison, devrait à tout jamais dégoûter les gens de
1) Voir le rtenmé de la doctrine de Boiauet au livre XV, o" cltt-cliivi.
cœur et les cspriis raisonnables de cette décevante utopie. Que l'Angleterre, si bon lui semble, se félicilo d'avoir joui de ce réginne, particulièrement sous Henri VIII, sous Olivier Cromwell, et encore dans les temps suivants, elle peut avoir pour cela ses raisons ; mais il nous semble que le plaisir de pouvoir insulter l'autorité du pape, et de se dire qu'on est membre d'une église enfermée dans les eûtes de la Grande-Bretagne, compense mal le déplaisir d'être obligé de croire et d'agir selon qu'il plaît à un tyran politique ou à unperson nage revêtu temporairement de la puissance civile. Qu'on déclame tant qu'on voudra contre te despotisme d'un Louis XlV.contre le pouvoir bumiliantd'unclergé catholique ; jamais un Français n'a eu l'esprit suspendu aux volontés d'uue puissance laïque pour apprendre d'elle ce qui est vrai et sain, ce qui est faux et impie. Nous pouvons avoir pour un temps des hommes d'État déplaisants et lourds à supporter; mais ils n'ont pas le droit de nous demander, sous la surveillance de gens de robe ou de police : " Que croyez-vous de la présence réelle ? Vous êtes-vous acquittés de vos obligations religieuses ? Avez-vous communié et jeûné aux jours prescrits? s
Les Anglais sont cootents de leur organisation religieuse; au moins je le suppose; mais cbacun cherche son contentement selon son caractère ; nous ne désirons pas que les hommes qui, par les effets de la balance politique, arrivent au gouvernement du pays, aient le droit de nous dicter nos croyances ; et nous trouvons qu'ils jouissent d'assez hautes prérogatives sans y joindre encore l'administration de nos consciences. Pour nous, la partie de l'esprit où résident les convictions est un sanctuaire dont nous gardons la clé.