CHAPITRE V
■ Mais comment donc dil«s-vou3, pourBUit Bossuei, •> que la r^le la plus sûre a est te consentemenl des Églises ? Il y aurait [)ODc une règle plus sûre que l'Écrituref Hais si l'Écriture est claire, comme vous le soutenez, commeat est-ce que la question des arUcles fondamentaux est e si épineuse et si difUcile à résoudre? » Ou bieo eslK» qu'elle est difBcile pour les savaus seulement, sans t'étre pour le simple peuple ; et que l'Écriture, qui la décide pour le peuple, ne la décide paa pour les savans7... Hais s'il veulent entrer dans cet examen, leur unique règle sera l«ur raïfon et l'Écriture sainte; par ces deux lumiènjB ils jugeront aisément du poids et de l'importance d'une doctrine pour le salut »... Mais pourquoi vous met-on ici «votre raison» avec l'Écriture î Est-ce qu'à ce coup l'Écriture n'est pas suffisante î Ou bien est-ce qu'en cette occasion il faut avoir de la raison pour bien entendre l'Écriture, et que dans les autres questions la raison n'est pas nécessaire ?<•.
Le lecteur voit bien (il eo est d'ailleurs averti), où Bossuet veut en venir. C'est que l'Ëglise, par son autorité, tranche toutes ces difficultés sans laisser subsister le moindre doute. C'est justement la conclusion h laquelle le ministre ne consent pas; mais Bossuet le tient par les aveux qu'il a d^à faits, et quoiqu'il nie qu'on doive les prendre en ce sens, il ne lui est pas aisé d'échapper aux prises de son terrible antagoniste : car enfin qu'a-t-il voulu dire, si ce n'est pas ce qu'il a dit expressément? Il a toujours des moyens de se dérober : car il est vrai que, par l'Ëglise, il entend autre chose que Bossuet: son Église universelle est telle que personne ne pourrait dire où i'on peut la trouver pour l'interroger. Mais est-ce I& une manière de raisonner propre à éclaircir les questions ? Il se plaint des • misérables chicaneries ■ de l'ëvéque de lleaux; mais comment qualiâerons-nous les équivoques du ministre ?
Au fond nous savons bien qu'il veut laisser à chacua
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114 fiOSauBT ET LE PROTESTANTISME
la liberté de se faire sa foi à sa guise. Mais nous savons aussi où aboutit cette liberté, et nous croyons qu'une multitude d'esprits aimeront mieux, avec Bossuet, prendre l'Eglise pour guide, que d'errer toujours dans des difficultés où ils sont incapables de se reconnaître. Les génies sublimes se conduiront eux-mêmes; les autres se mettront sous une tutelle qui leur parait nécessaire ; et peut-ôtre que la modestie fera plus de chrétiens que l'orgueil.
Au moins a-t-oa de la peine àgoùter le christianisme à la façon de Jurleu. Mais on ne doit pas se dissimuler qu'il a des partisans, et que ces esprits-là ne haïssent rien tant que Bossuet, et se font mâme un devoir de dénigrer le grand évéque, qu'ils regardent comme la personnification de l'esclavage de la conscience. Félicitons ceux qui n'ont jamais trouvé leurs lumières insuffisantes dans ces hautes questions !
L'accusation ^idolâtrie est tant répétée, avec tant d'anJmosité et une si prodigieuse exagération, par le ministre Jurieu, que l'évêque de Meaux croit nécessaire de s'étendre spécialement sur ce point, à la suite de son Troisième Averlisienient, dans un Éclaircissement sur le Reproche de l'idolâtrie et sur l'Erreur des Pàiens.
En vérité nous nous étonnons qu'il n'ait pas dédaigné davantage cet acharnement des réformés il traiter les catholiques d'idolâtres.
• Mais sans cette accusaUoD d'idolâtrie, dit-il, ce miaislrc seroit muet. Sans cela, il n'auroit rien ou presque rien à uoiis dire (1). »