CHAPITRE Tl
de ces occasions qu'après avoir examiné deux éditions différentes de saint Âtnbroise (1), il ajoute :
1 Ce que je suis bien aise de remarquer, parce qu'encore que le changement qu'on voit daas les âditioQs moins soignées n'ait rien de forl considérable, ni qui donne atteinte à ma preuve, il m'importe que le lecteur voie le soin que je prends, dans les moindres choses, de lui donner tout bien digéré et poussé jusqu'au dernier éclaircissement. 11 ne faut pas plaindre ses peines, quand il S'agit de soulager des infirmes et de combattre des chicaneurs. C'est pourquoi je ne veux rien oublier, dussé-je en devenir ennuyeux .... »
Ainsi les ministres protestants, avec toute leur érudition, avaient en tête un adversaire digne d'eux ; et s'ils se réunissaient plusieurs contre lui, ce n'était pas trop pour combattre un pareil athlète : ils le sentaient bien aux coups qu'ils recevaient chacun pour leur part. Mais le succès qu'il attendait de cet ample et minutieux travail n'était pas tant de les convaincre personnellement, (chose évidemment impossible), que de rassurer les esprits timorés qui, accablés du poids de l'érudition fastueuse et agressive des ministres, craignaient toujours de manquer leur salut, s'ils pratiquaient le sacrement de l'Eucharistie à la mode de l'Église catholique. Ceuxlà, pouvaient voir, eu lisant Bossuet, que les scrupules des ministres protestants n'étaient pas assez bien fondés pour l'emporter sur l'accord des églises latine et grecque, affermi par l'usage de tant de grands docteurs, de tant d'églises particulières et de tant de siècles, et fondé sur des raisons physiques aussi bien que sur des arguments théologiques. Après cela, on pouvait, tant qu'on vouIait,subtiliser surdes points difficiles et obscurs
de certainstémoigoages : mais 11 devuit paraître moDstrueux de préteodre damner l'immease multitude des chrétiens de tous les temps et de tous les lieux sur des interprétations de textes souvent conjecturales. Quant à espérer de réduire toutes les intelligences aiguës et disputeuses, c'eût été une étrange illusion : il suffisait bien que leur domioatioa fût profondément ébranlée ; et en effet elle ne pouvait plus se soutenir que par la prévention et l'habitude, et aussi par le goût qu'ont tant de personnes pour la résistance contre l'autorilé, quelle qu'elle soit.
Explication des Prières de la Messe.
Le livre de la Tradition dé fendue constituait donc une t'éfutation très approfondie de toutes les Histoires de l'Eucluiristie, composées par divers ministres protestants, tels que La Roque ou Jurieu, sous des titres variés. Mais Bossuet ne se croyait pas quitte envers les particuliers qui, embarrassés des scrupules des réformés, souhaitaient encore de nouveaux éciaircissements avant d'embrasser résolument le catholicisme. Il était liien l'évêque qui croit devoir se faire tout à tous. On n'avait qu'à s'adresser à lui pour le trouver tout prêt à se communiquer.
C'est ainsi qu'un seigneur anglais, revenu en principe du protestantismeau catholicisme, mais toujours inquiet des reproches qu'il avait tant de fois entendu dévelop- [ler contre la messe, ayantdemandéà l'évéquedeMeaux de le tirer de ces embarras, celui-ci écrivit pour lui
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