‹ Bossuet et le Protestantisme: étude historiqueChapitre 95 sur 122 · CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU

que cette promesse, qui rend l'Eglise infaillible, emporte la décision de toutes les controverses qui sont nées, oD qui pour* raient naître parmi les fidàles.

K Les ministres demeurent d'accord que BJ l'interprétation des paroles de Jésus-Christ est telle que je la propose, ma conséquence est légitime ; mais ils soutiennent que je l'ai prise dans mon esprit, et que la promesse de Jésus-Ûhristn'apas le sens que nous lui donnons. 11 m'est oisè de Taire voir le contraire ; et si vons voulez m'écouter, mes cbers frères, j'espère de la divine miséricorde de vous rendre la chose évidente. »

Rien n'est plus malaisé que d'expliquer des choses qui soQl parfaitement claires pour tout le monde, excepté pour ceux qui sont résolus à ne pas les entendre. Si Basnage a cru devoir semer des difficultés sur les interprétations que Bossuet avait données aux promesses en question, c'est qu'il avait ses raisons pour cela ; mais une nouvelle explication aurait-elle paru nécessaire à Bossuet, s'il ne s'était fait un devoir de ne laisser sans réponse aucune des attaques des ministres ï Mais il n'avait aucune difficulté nouvelle à éclaircir, ou aumoins nous n'en savons pas apercevoir dans les objections que le ministre lui a opposées. Cette discussion nous semble donc manquer d'intérêt, puisque nous ne voyons ni ce que Basnage introduit d'important dans la discussion, ni ce que le prélat y apporte de textes ou de pensées nouvelles à recueillir. L'un conteste la doctrine catholique par un intérêt de parti, l'autre lamfûntient avec sa précision ordinaire ; mais, à nos yeux, qui a lu la première Instruction, connaît assez bien la seconde pour ne plus s'y intéresser ; la considération du nom de Bossuet nous impose seule la tâche de lire encore la seconde. Mais nous avouons que nous n'y trouvons aucun fruit ni aucune saveur. On est catholique avec Bossuet,

OU on ne l'est pas: voile, nous seroble>t>il, toute la question.

Un ne peut pas demandera des hommes qui sont les ennemis nés de l'Église, de reconnaître qu'elle a toujours eu, qu'elle a et qu'elle aura toujours uneassistauce divine, et cela pour les condamner. Quant à des coatroverses plusieurs fois répétées sur des membres de phrase et des mots qui nous paraissent clairs, nous avouons que nous en avons assez. Que les ministres protestants s'arrogent tous les avantages qu'ils voudront devant Dieu et devant les hommes, nous ne nous mêlerons pas d'enjuger. Nous respectons leur foi sans la partager: nous serions trop heureux s'ils en voulaient bien faire autant pour la nôtre, mais nous ne l'espérons guère. Bossuet, [comme on sait, se tient le plus près possible du sens littéral des Ëcritures; les protestants y cherchent le sens qui paraît plausible à leur raison ; ce sont deux méthodes à peu près inconciliables ; celle de Bossuet prête assurément moins à l'arbitraire; mais elle oblige à croire des choses qui semblent dures à digérer; celle des protestants contente davantage les esprits qui l'emploient, mais elle ne supprime pas le mystère, et ne fait guère qu'ouvrir le champ aux i n ter prêtât io as personnelles les plus diverses. Ainsi, quand Jésus-Christ dît, dans rj<;vangile : « Je serai toujours avec vous », Basnage veut qu'on entende ; " A moins que je ne vous abandonne à vos erreurs et h vos vices n ; et ainsi l'ËgUse n'a pas le droit de se prévaloir d'une assistance continuelle et invariable, ni d'une pureté . perpétuelle dans la doctrine et dans les mœurs ; mais aussi la promesse de Jésus-Christ se trouve renfermer une liiotologie. Les ennemis de l'Église auront donc

Page 1