‹ Bossuet et le Protestantisme: étude historiqueChapitre 96 sur 122 · CHAPITRE Tll · texte numérisé non relu

CHAPITRE Tll

prise sur elle ; mais alors l'Évangile ne signille rien. Les protestaats triomphent, mais aux dépens de l'Écriture, qui est leur unique autorité. S'ils soat contents de cette méthode, c'est leur affaire.

C'est pourtant en vertu de cette méthode qu'ils accusent Bossuet de sophisme : entre eux, il est comme convenu que l'évêque de Meaux n'est qu'un orateur (ils n'osent pas lui contester ce titre), qui abuse de son éloquence pour éblouir les simples :

a M- de Heaux, écrit Basnage (dans son Traité des pr^ugis fauŒ et légilimes), sait choisir sea mutiôriis; celle de l'Église lui a paru susceptible de tous les i)riiemeiits qu'il a voulu lui donner; el si les anuÉes ont diminué le feu de son esprit et In vivacité de son style, elles ne l'ont pas éteint. On a tàcbé de prévenir les elfets que l'éloquence et la sublililé de ce prélal pouvoient faire dans l'esprit des peuples, en faisant... une discussion assez exaie des avantages qu'il donne àl'Éi^lise et à ses pasteui's (<) ■.

Les lecteurs qui ont lu de bonne foi la première Instruction pastorale savent bien que Bossuet n'y a fait usage ni de subtilité ni d'éloquence, hormis cette éloquence qui réside dans les faits et dans les textes simplemeat exposés ; mais n'importe, on met les gens en garde comme on peut contre un adversaire d'un esprit supérieur, et l'on fait de la force du raisonnement un artifice, et un sqjet de défiance, quand on n'a pas d'autre réponse à lui opposer.

Bossuet croit donc devoir, dans cette réponse, remettre sous les yeux du lecteur les paroles déjà citées de Jésus-Cbrist qui se trouvent dans saint Matthieu :

II) Apuri Boss., I. XVII, p. tu.

« Toute puissance m'est donnée dans le ciel el dans la lerre. Allez donc et enseignez touus les nations... Et voilà, je suis tous les jours avec vous jusqu'à la flu du monde (t). (Ch. xxviii, 18, 20) u.

Cette citatioa a provoqué riodijçnatiou du ministre. » M. de Meaux, dit-il, réduit tout à un seul point de connoissance, qui est Tautorité de l'Église. Tout, dît-il, consiste à bien concevoir six lignes de l'Évangile, où Jésus-Christ a promis en termes simples, précis, aussi clairs que le soleil », d'être tous les jours avec lespasteurs de son Église jusqu'à la fin des siècles ». Le ministre s'écrie ici : « Oieuadonc grand tort d'avoir fait desigros livres et de les avoir mis entre les mains de tout le monde ». Ce n'est pas là, sans doute, une objection bien sérieuse, mais une ironie, telle que Basnage s'en permet de temps en temps pour réfuter par l'absurde la doctrine de Bossuet. Celui-ci y répond sans peine ; mais ce que le ministre se propose surtout, est de prouver que l'assistance de Jésus-Christ n'est pas promise seulement aux pasteurs de l'Église apostolique, mais à tous les fidèles: opinion qu'il pousse jusqu'à des excès qui la rendent tout d'abord invraisemblable ; comme si Jésus- Christ avait promis son assistance continue, même à ceux qui le méconnaîtraient. Nous ne nous arrêterons pas ici à des paroles qu'il attribue faussement à son adversaire, ni à des suppositions gratuites qu'il rend volontairement ridicules. Par exemple, il prétend que pour maintenir la doctrine de Bossuet sur l'infaillibilité de l'Église, il faut croire que tous les évéques et tous les curés sont infaillibles. Or puisqu'on parle desophis-

(i> au p. ufi.

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