‹ Bossuet et le protestantismeChapitre 12 sur 96 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Pour qu'on ait pu concevoir une telle illusion, il faut bien rju'il n'ait jamais atfecté. dans la discussion, la hauteur et la raideur. Ces qualités sont du cOté de ses adver-aires» et non du sien. Si quelqu'un se donne, dans ces atTaires, l'air d'un prophète d'Israël descendu de la montaj^ne pour terrifier les infidèles, certes cet homme n'est pas lui.

C'est dans le Catéchisme de Paul Ferry que Bossuet rencontra pour la première fois, vraisemblablement, les principales machines de guerre dressées par les chefs des Églises réformées contre le catholicisme; il les revit plus tard maintes fois, comme des monstres qu'il abattait à chaque rencontre et qui reparaissaient toujours. Il consuma sa vie à combattre ces dragons, sans pouvoir les anéantir.

I/C grand cheval de bataille des ministres contre rp']glise catholique, était l'accusation d'idolAtrie. Selon ces austères interprètes de la doctrine évangélique, Rome avait tellement altéré la foi chrétienne par des inventions humaines, qu'on n'y reconnaissait plus riùangile; elle en avait fuit un amas de superstitions; bien mieux, ses enseignements et son culte étaient proprement l'antichristianisme. Par un goût particulier pour VA}X)falypse, qu'on peut bien sans injure qualifier du plus ol)Scur de tous les livres, les réformateurs avaient voulu trouver dans cette révrlution, ou l'on trouve ce (ju'on y veut voir, la condamnation de l'Église qu'ils avaient quittée. Pleins de ces paroU^s violent(»s, mais énigmaliriues, ils reconnais.^^aient sans hésiter. dans la liabylone du livre, Rome et tout ce qui s*y rattache, et dans l'.Vnlcchrist le pa|M\ quel «lu'il fût de son nom et de sa personne. Selon cette belle interprétation.

c'est à Rome, c'est dans le pontife romain que so trouve la source de toute impiété. L'Kglise romaine donc, pour tout dire en un mot. avait nhandonné la foi en Jésus- Christ, et mettait toute son espérance en des créatures. C'est ainsi que les protestants interprétaient le culte de la Vierge, celui des saints, et i)lusieur.s autres choses que nous n'énumérons pas, mais que les ministres protestants nenommaient qu'avec horreur, comme do véritables abominations, telles que la messe, la communion sous une seule espèce, les prières pour les morts, la suprématie du siège de Rome, et diverses prati(iues par où les deux communions diliëraient entre elles (1).

Voilà donc, en abrégé, les abominations qui faisaient de Téglise romaine la Babylone de l'Apocalypse, et qui avaient obligé les réformés d'en sortir, pour obéir à ce commandement : « Sors de Babylone, mon peuple. » Bossuet, de son côté, ne se croyait pas moins obligé de répondre à ces griefs, et de justitier sur ces différents points, ou du moins sur les principaux, la croyance de son Église. Il a mainte fois, contre différents adversaires, traité en détail chacun de ces articles; mais à regard de Paul Ferry, il s'est attaché à peu près exclusivement à deux questions principales : 1*^ Est-il vrai que les chrétiens romains placent l'espoir de leur salut ailleurs qu'en Jésus-Christ seul? 2° Est- il vrai que les réformateurs eussent des raisons pressantes de sortir de la communion de l'Eglise de Rome?

A la pi'emière question, il répond en démontrant par les témoignages les plus incontestables, que l'I^'giise catholique rend plus complètement gloire au Rédempteur que les protestants qui l'accusent.

(l) Voyez Uefui., p. 388.

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