‹ Bossuet et le protestantismeChapitre 20 sur 96 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

sur (|uoi vous avez fondé vos injures déclamatoires et vos accusations em[jhati(jues. Votre dessein n'est (jue de vous relever aux dépens de vos frères, comme étant d'une essence bien supérieure à eux. Nous ne sommes pas dupes de cet orj^ueil, ni émus de ces mépris ; nous les laissons à ceux qui se sont érigés en correcteurs de toute l'Ej^lisc et en dominateurs des Ames, comme s'ils étaient les seuls vrais or;4anes de la nMi^^ion de Jesus- Christ. 9

Cependant liossuet, toujours inspiré par la charité, se donne la peme d'exposer doucement des réponses tirées de saint Auj^ustin ou du catéchisme du concile de Trente, pour prouver que les catholi(iues ne sont pas (les idolâtres. Ses réponses sont péremptoires, mais n'étaient-elles pas un peu superllues ? Kt pouvait-il espérer qu'il désarmerait la haine, la prévention et la bonne opinion de soi, où se ct-mplaisaient ses adversaires ?

Lun des points les plus importants de la controverse était la doctrine de la justification Là. il fallait entrer dans les dernières finesses de la théologie, pour prouver que la croyance des catholiques n'altérait pas la foi en .JcNiis-Christ. Car c'était la grande forteresse des luthériens et de leurs confrères. Selon eux l'Kglise catholique ne connaissait pas les mérites du Sauveur et les bienfaits de la Rédemption : accusation aussi frivole que passionnée, mais à laquelle le génie subtil des théologiens pouvait bien, au moyen de certains tours, communiquer quelque apparence de fondement. Ik)ssuct, par une exposition non moins déliée que leurs objections, leur montra clairement (|ue l'enseigDcment de l'Eglise

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catholique sur ce point ne diflerait du leur en rien d'essentiel, ou plutôt qu'il était précisément conforme à ce qu'ils réclamaient comme étant ia véritable inter{)rétation du sens et des conséquences du sacrifice du Fils de Dieu s\iUkL croix, et par conséquent qu'il ne leur restait rien à désirer dans la foi catholiciue. On nous pardonnera de ne pas nous engager dans des questions si délicates, d'autant plus (jue cette partie de son ouvrage est très courte et très facile à lire(cliap. VI-VIII).

Il y a encore moins de difficultés sur les Sacrements (ch. IX).

Nous n'osons pas en dire autant des articles qui concernent la matière de FEucharistie et de la présence réelle (chap. X et XVII). Là, nous avouons qu'une grande attention n'est pas toujours suflisante pour s'assurer qu'on entend à fond des raisonnements qui supposent une foidéjà formée chez le lecteur, et une habitude de méditer sur les plus étonnants mystères, et sur les interprétations où les fondateurs des églises protestantes ont épuisé toutes les ressources de leur esprit et de leur imagination. Bossuet lui-même est revenu tant de fois sur ces sujets et les a tant approfondis, qu'il peut s'être fait quelque illusion sur lalumière qu'il y avait apportée. Il est vrai que sa doctrine n'étant autre que celle que professent les simples fidèles, peut se résumer en peu de mots qui, récités avec une parfaite conviction, paraissent très simples à tous les croyants ; mais quand il s'agit de les expliquer en opposition avec les opinions de Luther et de Calvin, de saisir l'accord et les différences des doctrines, on craint de se tromper plus en se llattant trop de comprendre qu'en reconnaissant (ju'on no comprend qu'imparfaitement.

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