CHAPITRE IX
foi de l'Kglise. El entin, enhardi par le succès des précédents ouvraj^cs (succès obtenu surtout dans le inonde n(jn cutlioli(iue), il produisit (l(jli3) Vllisloirc rrilique dis principaux commentaires du nouveau Testa' ment (Rotterdam). Cette fois il mettait en pleine lumière son dessein final plus ou moins dissimulé auparavant. C'était de dis(Téditer, sous le nom de commentateurs, les pères forces et romains, dont la doctrine (itait devenue le christianisme même. Selon lui, les .Augustin, les Chrysostome, etc., avaient altéré le vrai .sens de la révélation, en lui donnant des interprétations qui leloignaient entièrement de la parole de Dieu, et en faisaient une religion arbitraire et véritablement humaine. C'était, selon lui. (pour donner un exemple). Topinion personnelle de saint Augustin sur la grAce que l'Eglise romaine enseignait, et non celle de Jésus- Christ et des apôtres ; et, en définitive, c'était Pelage, (H non le grand èvèque d'Hippone, (lui avait bien entendu la parole de Papùtre. Donc le pélagianisme, si énergi(iu(Miient condamné par toute l'Kglise, éta't le vrai ; et l'Kglise n'avait fait <iu'errer sur les traces de saint Augustin, dans la doctrine du péché mortel et do la grâce.
L'évèque de Mcaux ne fut pas long à s'apercevoir des dangers (|ue courait la foi par ralta(|ue de ces nouveaux critiques (car les disciplosse mullq»liaient par l'ent^hanlement de cette polémiiiuo d'un genre inattendu) (I) : il vit l)i(»n que c'était les idées et les instincts généraux (In protestantisme, et même du .sm^nianisme. qui s'avançaient en bataille sous l'enseigne de la critiipie d'é-
(i) C'c«t iri qu'il c%l bon lio sr rcfiortrr h la rriliiinr dr Spinoxa dans >oa Trait f Tkfohçico-poiitiqiit', Ind. Km. Saio.trt.
rudition grammaticale. Il essaya d'arrêter par des mesures de police royale ou ecclésiasticiue la dillusion des livres de R. Simon, après avoir tenté les moyens de douceur. Eniin voyant l'inutilité de ces mesures ti'op faihles, tiui ne faisaient qu'enhardir un adversaire intrépide, il prit résolument la plume, et commença le traité de la Défense de la Tradition cl des Saints Pères, qui l'occupa pendant presque tout le reste de sa vie : et il faut songer qu'il était alors Agé d'environ soixantedix ans, et qu'il poursuivait dans le même temps la controverse du quiétisme contre Fénelon, et les négociations pour la réunion des deux Eglises.
«« Il ne faut pas, dit-il (1). abandonner plus longtemps aux nouveaux critiques la doctrine des Pères et la tradition des églises. S'il n'y avait que les hérétiques qui s'élevassent contre une autorité si sainte, comme on connaît leur erreur, la séduction serait moins à craindre ; mais lorsque des catholiques et des prêtres, des prêtres, dis-je, ce que je répète avec douleur, entrent dans leur sentiment, et lèvent dans l'Église même l'étendard de la rébellion contre les Pères ; lorsqu'ils prennent contre eux et contre l'Eglise, sous une belle apparence, le parti des novateurs ; il faut craindre que les fidèles, séduits, ne disent comme quelques Juifs, lorsque le trompeur Alcime s'insinua parmi eux : < Un prêtre du sang d'Aaron, » de cette ancienne succession, de cette ordination apostololique à laquelle Jésus-Christ a promis qu'elle durera toujours, « est venu à nous : il ne nous trompera pas » ; et si ceux qui sont en sentinelle sur la maison d'Israël ne sonnent point de la
(1) rreface^lome IV des Œuvres [iti. Vives), p. VIII.