‹ Bossuet et le protestantismeChapitre 83 sur 96 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

il lui arriva m('mo, dans sa réfutation de R. Simon, d'entendre évidemment mieux que celui-ci un mot très important de saint ï^aul surle péché orij^inel 1 1 ) . N'arrivet-il pas tous les jours, dans les divers genres de sciences, (jue des hommes fort habiles dans les langues anciennes ou étrangères, et(iui veulent transporter en leur langue maternelle des ouvrages écrits en ces langues, se voient obligés, pour éviter toute erreur, d'appeler à leur aide des savants beaucoup moins profonds (juteux dans l'idiome «juil s'agit d'interpréter, mais qui ont sur eux l'avantage de connaître la matière en elle-même? On a beau entendre parfaitement le grec, on est souvent obligé de consulter un astronome, un médecin, un musicien, sur les difficultés qu'on rencontre dans les textes des anciens qui ont laissé des traités sur la médecine, sur la musique, sur l'astronomie. N'en sera-t-il pas de même s'il est question de théologie ";* De deux hommes également exercés à la lecture des textes grecs ou hébraï(|ues, lecjuel saisira le plus sûrement la pensée d'un des premiers inierprètesdes croyances chrétiennes, celui (jui ne lit ce<' écrits qu'en philologue, ou celui (jui les aborde avec la connaissance profonde des éclaircissements (jue la doctrine a reçus par les discussions des hommes qui ont contribué à fonder l'orthodoxie 'i' Il est

(1) Il s'aKil il<' l'expression l^' u, «juc le» nouteaux inlerpriMt- ^ " m^oI Irailiiin* aulrciiunt i|ue les inriciiH, qui ilisairnt m ifuo (omiirs it).

C'rsl U- (tiiidi iiit'iit tie la dortniic du \ttchv oricinel, que li>o> U-^ ii.iinni ^ .mi rcmlrarlr en Aibiii. Les nouveaux romnicntalruni ne vuulaionl pa'^ ar>-f|4rr (•«•Ur Irailnclioii. i|iii e-^l la »iulf t\ ni. «lu.

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Sun inlcrprrtaliun hors iU> doute. (Voir Minl l'aul. K., . V.

U, Il Hussu.l, l. I V, p iVJ, «il, «M, ÎG:., iftl, flbt'

266 TÎOSPTIET F-T \.K PROTESTANTISME

\ rai que, parmi les criticiues, il s'en trouve d'assez (iciiants ou d'assez avisés pour récuser d'avance l'avis des hommes attachés à une idée (jui est comme consacrée par un assentiment général; et que, pour ces criliques-là, le recours aux textes orij^inaux est d'autant plus nécessaire que l'autorité de la tradition paraît plus imposante; mais la règle de remonter toujours aux vraies sources étant une des maximes universelles de la science, la loi est la même des deux côtés, et l'on n'exige pas une moindre étude des documents originaux chez celui qui attaque l'autorité de la tradition que chez celui qui tend à la défendre. Kn résumé, ni la connaissance des textes ne suffit sans la méthode pour les interpréter, ni les solutions accréditées, sans l'étude personnelle et rigoureuse de la lettre des témoignages. iJes (MTCurs se sont établies par Tedet du temps, qui tombent devant une syllabe mieux lue ; et des conjectures nouvelles et ingénieuses peuvent aussi s'évanouir devant l'accord des doctes qui ont profondément manié et remanié une matière sujette à contestation. Ainsi la grande érudition grammaticale de R. Simon formait un préjugé considérable en sa faveur ; mais le grand théologien Bossuet avait bien raison de n'y déférer qu'autant que la foi des vrais docteurs ne s'opposait pas formellement aux vues hasardées par ce subtil grammairien.

R. Simon était entré en scène sous le titre modeste (le commentateur. Il donna d'abord une HUloire cvilitique du vieux Testament et ensuite (1689) une Histoire critique du nouveau Testament. Dans chacun de ses ouvrages, il ébranlait les opinions reçues touchant l'authenticité de quelques documents fondamentaux de la

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