‹ Bossuet et le protestantismeChapitre 92 sur 96 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

propres au christianisme, la crili(|ue ne sarrrtera pas. Kilo examinera, ébranlcia luuies les plus anciennes opinions du ^enre humain sur Dieu, sa providence, son gouvernement : les difficultés, dont l'esprit humain est toujours fécond, feront abandonner le fond sohde des croyances de la philosoi)hie même. On trouvera des objections fondamentales sur la création, sur l'action divine datis le monde ; on en viendra (ô prodige !) à faire de l'homme, que l'on croit connaître, le successeur de Dieu même, qui a toujours été adoré comme incompréhensible. Alors le cercle sera accompli, si Dieu n'y remédie : Il ne restera à l'homme qu'à s'adorer lui-mémo et à se mirer dans sa raison, dans cette raison (jui ne peut jamais se satisfaire, étant pleine de contradictions insolubles, et (jui peut, à ce (in'on voit, changer ses systèmes de fond en comble, puisque la philosophie nouvelle est exactement Tinverse de celle des siècles passés. Ce Dieu qu'on appelait alors l'Kternel, est aujourd'hui dans l'état du devenir ; et l'homme, alors si humilie, est aujourd'hui la première de toutes les puissances, <iuoiqu'il ne sache pas beaucoup mieux (ju'alors ce (ju'il doit faire ni ce (juil fait.

lîossiiet a-t-il pressenti (|ue des esprits éminenls en viendraient là, moins d'un siècle et demi après sa mort ?Non, mais du moins il a lutté contre ee j;enre de i)rof^res. Il a combattu 1'» sprit d'instal)ililé dans lo protestantisme, il l'a combattu dans Uiehard Simon, il a oITert aux esprits sages et à de très grands hommes, un point solide ou ils ont joui d'un repos (jue l'on c>limait inébranlable. Mais comme un heuveipron endigue

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Ijnit par onipoiter les murs de sa prison, ainsi l'esprit de l'évolution a tout emporté chez nous; et le monde nouveau est livré aux agitations sans (in d'une raison duminée par les passions et par l'imagination.

Le XIX'' siècle a emporté et dissipé toutes les doctrines chères à Bossuet. Si ce grand homme revenait au monde, il trouverait la religion catholique elVacéedans la plupart des esprits, (}uoi(iuc un nombre incalculabie de personnes la professe et la pratique encore extérieurement ; mais qu'est-il resté de l'esprit religieux ciui animait encore la société au XVIIe siècle ? Combien y a-t-il aujourd'hui de personnes qui sachent ou qui veuillent savoir le fond des croyances ?0n ne dispute plus sur les dogmes ; on ne daigne pas les examiner, on se contente de les ignorer ; beaucoup de gens se piquent de les mépriser ou de les tourner en dérision sans savoir ce (ju'ils contiennent ; il y en a même qui appellent liberté de conscience le droit de les insulter, et (lui croient que leur conscience est violée par ce fait que d'autres qu'eux les professent : on en voit d'assez intolérants et emportés pour violenter ce petit nombre de croyants fidèles ; ceux-là prétendent que leur conscience les oblige à renverser ou à piller les édifices où ceux-ci prati(iuent leur culte, comme si c'était une atteinte à leur conscience vide, que de croire <iuel(iue chose en tait de religion. Les fureurs des réformés du XV l^ siècle contre les temples catholiques sont renouvelées par des hommes et des bandes qui ne professent pas plus le protestantisme que le catholicisme ; mais c'est contre ce dernier qu'ils sont animés, comme si l'on était encore au temps de Luther et de Calvin. Est-ce le protestantisme qui se venge de deux siècles d'oppres-

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