‹ Bossuet et les saints peres, d'apres des documents originaux et inéditsChapitre 4 sur 42 · ANALYSE ET EXTRAITS · texte numérisé non relu

ANALYSE ET EXTRAITS

DK l/ÉCRIT COMPOSÉ PAR BOSSUET POUR LE CARDINAL DE BOUILLON,

Sur le style et la lecture des écrivains et des Pères de l'Église pour former un orateur.

Hossuet, après avoir dit que, « pour la prédication, il y a deux choses à faire principalement : former le slylo — apprendre les cJtoses », constate qu'il « a peu lu de livres français » et que « ce qu'il a appris du style, il le tient des livres latins et un ]>eu des Grecs, de Platon, d'Isocrate et de Démostliènes, » de Cicéron, Tite-Live, Salluste, Térence, des poètes, qui sont aussi « de grand secours et dont il ne connaît que Virgile et un peu Homère,... Horace, qui est bon à sa mode, mais plus éloigné du style oratoire ». « \j'% truor/'s (liversf's de Balzac, ajoute-t-il, peuvent donner (juel(jU(' idée du style fin et tourné délicatement... Au reste, il le faut l)ient6t laisser, car c'est le style du monde le plus vicieux, parce qu'il est le plus affecté et le plus contraint... .reslinic la Vie de ïkirthéleniy des martyrs, — les Leilrcs au provincial, dont (juclques-unes ont beaucoup de force el de vi-lH-ineiice, et toutes une extrême délicatesse. — Les livres et les préfaces de MM. de Port-Royal sont bons à lire, parce qu'il y ;i de la gravité et de la grandeur; in.iis... l(Mirstylea pende xariété... Les versions de (Pcrrot) <l \l)l.in(<>iii I siinl bonnes, .. Pour les poètes, je trouve la

PRKFACE. wii

force et la véhénieucc dans Corneille; plus de justesse et de régularité dans Kacine...

« Mais ce qui est le plus nécessaire pour former le style , c'est de bien comprendre la chose, de pénétrer le fond et la (in de tout, et d'en savoir beaucoup...

« Venons maintenant au.\ choses. La première et le fond de tout, c'est de savoir très bien les Écritures de V Ancien et du Nouveau Testament. »

Bossuet expose la méthode qu'il a suivie, en les lisant : c'est de remarquer premièrement» les beaux endroits qu'on entend, — sans se mettre en peine des obscurs — ;... de prendre le génie de la langue sainte et de ses manières de parler;,., de ne guère lire les commentaires que lorsqu'on trouve quelque difficulté;... de ne pas chercher si exactement la suite et la connexion dans tous les membres (principalement dans saint Paul) ».

« Pour les Pères, je voudrais joindre ensemble saint Augustin et saint Chrysostome. L'un élève l'esprit aux grandes et subtiles considérations; et l'autre le ramène et le mesure à la capacité du peuple. Le premier ferait, peutêtre, s'il était seul, une manière de dire un peu trop abstraite; — et l'autre trop simple et trop populaire. Non que ni l'un ni l'autre ait ces vices ; — mais c'est que nous prenons ordinairement dans les auteurs ce qu'il y a de plus éminent(l). Dans saint Augustin, toute la doctrine; dans saint Chrysostome, l'exhortation, l'incrépation, la vii^ueur; la manière de traiter les exemples de l'Écriture et d'en faire valoir tous les mots et toutes les circonstances.

(( A l'égard de saint Augustin, je voudrais le lire à peu

fl) C'est-à-dire : ce qui y clomine , i<- t|ui > est le plus facile à saisir, bossuet a dit dans le même sens : • On défînil /«s hommes par ce qui domine en eux. • Traité de la connaissance de Dieu et de soi-même . cliap. I, 'J, II.

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