‹ BossuetChapitre 27 sur 49 · Lettre à Bussy, 25 avril 1687, éd. Régnier, t. IX, p · texte numérisé non relu

Lettre à Bussy, 25 avril 1687, éd. Régnier, t. IX, p

mais c'était l'opinion du xvii" siècle. Nous ne craindrons pas après cela d'affirmer qu'en 1704 les Sermons de Bossuet n'auraient pas obtenu le succès que devaient obtenir en 1705 les Sermons de Massillon et, quelques années plus tard, en 1713, les Sermons de Bourdaloue. L'évêque de ïroyes fut un habile homme ^

Ajouterai-je qu'il paraît prouvé qu'en plus d'une circonstance il ne se fît aucun scrupule de se servir des sermons de son oncle, comme vous diriez d'une part d'héritage, léguée sous le droit d'user et d'abuser, pour se procurer à lui-même une réputation d'orateur? Dirai-je enfin que très probablement il se sentit tout à fait inégal à la tâche d'éditer les Sermons, l'une des plus épineuses, comme on verra, l'une des plus délicates, qu'un éditeur puisse entreprendre, et l'une enfin des plus longues? Voilà toujours bien des raisons.

Rappelons d'ailleurs, à la décharge de « ce petit neveu d'un grand oncle », comme le qualifie Joseph de Maistre, qui ne saurait lui pardonner d'avoir été quelque peu janséniste et surtout gallican ^, rappelons à l'honneur de son nlinistère qu'il ne se réserva pas exclusivement la lecture des sermons de son

i. Ajoutez que Massillon, dans le magnifique éloge qu'il a fait de Bossuet {Oraison funèbre de Louis XIV) n'a pas un mot qui loue directement l'orateur. Ils en reviennent tous au « Père de l'Église ». Il n'y a donc pas ombre de parti pris, mais il y a méprise.

2. Notez ce point qui importe à la connaissance de Bossuet et de son rôle historique : les ultramontains et les infaillibilistes se déchargent tantôt sur le malheureux neveu, tantôt sur les infortunés éditeurs, de ce qu'ils n'osent pas articuler directement contre l'oncle ou contre le Père de l'Église.

oncle. Il les fît lire aux prêtres de son diocèse, il les leur fit prêcher peut-être; — de quoi je ne sais si Bossuet n'.eût pas été plus heureux et plus fier que de toutes les louanges que nous avons accoutumé, depuis lors, de lui décerner; — et si quelques originaux s'égarèrent de la sorte, quelques copies du moins se répandirent. On revint donc de l'opinion fausse, accréditée par le P. de la Rue, dans son Oraison funèbre de Bossuet^ qu'on n'avait pu recueillir après la mort du grand orateur « que de simples feuillets qui ne contenaient que l'économie du discours, la naissance du mouvement et des traits qui en devaient faire les nerfs et l'ornement. » Et lorsqu'il fut question, vers 1763^, de préparer une nouvelle édition des Œuvres de Bossuet, — la troisième depuis 1704, — il fut décidé que les Sermons, cette fois, y tiendraient leur place.

Quelques-uns étaient tombés, nous ne savons trop par quelles vicissitudes, entre les mains de l'abbé Leroi, collaborateur et continuateur de l'abbé Pérau dans l'entreprise de la deuxième édition des Œuvres. C'étaient :

Trois sermons pour la fête de la Nativité de la Vierge;

Deux sermons pour la fête de V Annonciation ;

Un sermon sur les paroles jorononcées par Jésus-Christ parlant sur la croix à sa mère;

Un sermon pour la fête de la Présentation au Temple;

Deux sermons pour la fête de la Visitation ;

Deux sermons pour la fête de la Purification.

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