‹ BossuetChapitre 43 sur 49 · IV. — Mérites particuliers de l'ouvrage · texte numérisé non relu

IV. — Mérites particuliers de l'ouvrage

a) Que Bossuet, le premier parmi les historiens modernes, a vu que le christianisme était le grand fait de l'histoire de l'humanité; — quil a compris la véritable importance de l'élément religieux dans l'histoire; — 6) Aisance merveilleuse avec laquelle Bossuet mène de front l'apologie de la Religion, la suite de l'histoire générale, la discussion des faits positifs, la démonstration de la Providence; — c) Abondance et richesse des idées incidentes qui donnent au Discours une modernité réelle; — d) Que ni cette complexité, ni cette richesse ne nuit à la rapidité du courant et à la variété du Discours (la couleur locale

chez Bossuet) ; — e) détail du style : qualité de la langue, des mots, des phrases; — /") De l'accent personnel de Bossuet qui fait de la vérité sa vérité.

DIXIEME LEÇON Les Oraisons funèbres.

I. — L'intérêt particulier qu'elles présentent : du fait de leur chronologie; — parce qu'elles sont les seules pièces oratoires imprimées par Bossuet lui-même; — parce qu'elles appartiennent toutes à l'époque de sa maturité; — parce qu'elles nous renseignent sur la méthode de travail de leur auteur.

II. — Ce que les Oraisons funèbres ont de plus ou d'autre que les Sermons.

a) Que l'Oraison funèbre est plus laïque, plus profane que le sermon. — Gomment l'intérêt actuel de la biographie s'y mêle à la prédication morale.

6) Les droits de la vérité dans l'Oraison funèbre. — Que Bossuet, quoi qu'on en ait dit, les a respectés et comment ceux qui le critiquent sur ce point se trompent à la fois sur la psychologie, sur les exigences du genre, et sur la nature de la vérité historique. — Que, d'ailleurs, l'idéalisation des personnages tenait bien plus chez Bossuet à la largeur habituelle de sa touche qu'à un parti pris délibéré.

c) Autre caractère de l'Oraison funèbre chez Bossuet mise en lumière par une comparaison avec Fléchier. — Comment, chez Fléchier, le portrait manque de fond; les grands tableaux d'histoire chez Bossuet.

d) Que Bossuet n'a garde, cependant, d'oublier les devoirs de l'orateur chrétien et que, dans l'Oraison funèbre, comme dans le Discours sur VHistoire Universelle, les faits concrets lui servent à vérifier la vérité de sa religion (à ce propos que ceux qui l'en ont repris n'ont pu le faire qu'au nom d'une philosophie plus étroite

que la sienne). — Bossuet et Bourdaloue dans l'Oraison funèbre. — Que ce dernier élimine précisément tout ce qui différencie l'Oraison funèbre du Sermon.

III. — Conclusion : Que Bossuet, dans l'Oraison funèbre, a réalisé une complexité tout à fait rare dans l'unité. — Qu'il nous y apparaît comme un homme, autant que comme un prêtre et un évêque. — Préférence accordée par la critique du XYiii*^ siècle aux Oraisons funèbres de Bourdaloue et de Fléchier. Raisons de cette préférence.

ONZIEME LEÇON L' « Histoire des Variations ».

1. — Histoire des faits qui ont précédé et qui expliquent l'ouvrage.

1° V Exposition de la doctrine catholique (1671). — Que ce petit livre inaugurait une période nouvelle de la lutte entre protestants et catholiques. — Effet considérable produit chez les protestants. — Les réfutations tentées. — Histoire de l'approbation en Cour de Rome. — Les cinq fragments sur l'Eucharistie. — Pourquoi Bossuet ne les a pas publiés de son vivant.

2° Histoire de la conversion de Mlle de Duras. — Controverse avec Claude (1678) et de la valeur des arguments invoqués de part et d'autre. — La Relation de la Conférence avec Claude (1682) et le premier dessein de VHistoire des Variations. — La thèse essentielle de l'ouvrage. Différence de ton entre la Relation et VHistoire des Variations; comment l'expliquer.

4'^ La Révocation de l'Édit de Nantes (1685). — a) De la difficulté d'un jugement critique et historique sur cet événement : Si la Révocation a été un fait politique, un acte de dévotion ou un jeu de la fortune. — b) Quelle part Bossuet a-t-il prise à la Révocation? Qu'il a, en tout cas, célébré la Révocation comme un fait heureux. Que son

excuse ne saurait être ni dans les opinions de son siècle, ni dans la sincérité de ses convictions, mais dans ce fait que, comme Louis XIV lui-même, il a vu dans la Réforme, non le commencement, mais la consécration d'un état de choses. — c) Conséquences de la Réforme : Exaspération des haines anciennes. — Caractère de violence de VHistoire des Variations. — Beauté et passion.

IL — Aperçu historique sur la Réforme. — Qu'il est impossible de porter un jugement sur VHistoire des Variations sans confronter l'idée que Bossuet s'est faite du protestantisme avec son idée vraie et l'histoire de son développement. — Difficultés de cette étude. Analogies entre la Réforme et la Révolution française.

a) Histoire antérieure. — Les Réformateurs avant la Réforme. Ceux que Bossuet a négligés : les mystiques; — les humanistes. — Pareillement, qu'il n'insiste pas assez sur la crise morale d'où est sortie la Réforme. Mais qu'il a parfaitement vu dans la Réforme : a) la complicité des intérêts matériels et temporels; — 6) le terme fatal où elle devait aboutir.

b) Histoire intérieure. — Les étapes de l'évolution protestante : le dogmatisme de Luther; — le prédestinationisme de Calvin; — la réaction de l'arminianisme; — le socinianisme : Négation; a) de la révélation; — 6) du surnaturel et du miracle; — c) de la discipline et de la tradition.

c) Histoire extérieure. — Succession des actes essentiels qui ont marqué les différents termes du développement de la Réforme, — Caractère inverse dans le développement du catholicisme et du protestantisme, jusqu'au milieu du xvii« siècle.

III. — VHistoire des Variations des Eglises protestantes (1688). — Que le caractère le plus remarquable de l'ouvrage consiste dans la sévérité de la composition. Comparaison, à cet égard, de VHistoire des Variations avec V Esprit des Lois, V Essai sur les Mœurs, VHistoire Naturelle de Buffon, le Génie du Christianisme.

Difficultés multiples que l'auteur avait à vaincre. —

Gomment il s'en est tiré : 1° Qu'il a réduit toute sa matière à trois points essentiels : dogme de la justification; — de l'Eucharistie; — de l'autorité de l'Église, et qu'ainsi, en resserrant l'exposition de son sujet, il élargissait ce dernier dans son fond. — 2° Qu'au lieu de chercher in abstracto la raison des variations protestantes il les a liées : a) au caractère particulier des hommes de la Réforme; — 6) aux événements politiques intercurrents. — Qu'ainsi VHistoire des Variations est un livre organique où l'on suit le développement d'une idée intérieure, en quoi elle est vraiment une histoire, — ce que ne sont pas, au rebours d'elle, quantité d'ouvrages qui portent ce titre.

Qualités toutes nouvelles manifestées dans VHistoire des Variations : naturel et facilité de la composition ; — style à la fois plus narratif, plus pénétrant dans le détail, plus familier et plus pressant. — Comment ce qu'il y avait peut-être de trop général dans la pensée de Bossuet, à la faveur de la nouveauté du sujet, se précise, se particularise, devient plus concret. — Qu'à cet égard, VHistoire des Variations marque une époque dans la pensée de Bossuet.

De l'érudition et de l'impartialité de Bossuet. — Ses scrupules d'érudit prouvés : par sa Bibliothèque; — par sa correspondance. — Son impartialité définie par lui-même dans son Introduction. — Différence entre l'impartialité et la froideur.

IV. — Accueil fait par les protestants à VHistoire des Variations. — Gomment ils avaient par avance, préparé leur riposte. — L'ouvrage du comte Louis de Seckendorf (1688). — La Relation de la Cour de France d'Ezéchiel Spanheim. — La brochure de Burnet, évêque de Salisbury.

— L'Histoire de la Religion des Eglises Réformées de Basnage.

— Les lettres de Jurieu. — Les Réponses de Bossuet : la Défense de VHistoire des Variations contre le ministre Jurieu;

— les six Avertissements aux protestants sur V accomplissement des prophéties.

Les trois points qui avaient particulièrement ému les pro testants. — La discussion avec Basnage. — La discussion

avec Jurieu. Valeur des arguments invoqués de part et d'autre. — Le ton de la polémique. Gomment l'expliquer. — Que Bossuet semble avoir répondu victorieusement sur tous les points, mais pour une raison tirée bien moins de la solidité de sa propre cause que de la fausseté d'esprit de Jurieu. — Jurieu : l'homme; le caractère.

Intérêt des Avertissements dans l'histoire des œuvres et du génie de Bossuet : le naturel; — la force de la dialectique et la vivacité de l'éloquence; — variété et diversité des questions que Bossuet n'avait fait qu'effleurer dans VHistoire des Variations; — aisance souveraine dans les questions les plus abstruses de la théologie.

V. — Valeur actuelle des arguments de Vflistoire des Variations. — Si Bossuet a bien vu le point vif de la question. Que VHistoire des Variations est discutable : a) au point de vue historique; — b) au point de vue philosophique; — mais qu'il n'y a rien de plus probant au point de vue de la polémique et de la foi.

Au moyen de quels arguments et jusqu'à quel point Bossuet a-t-il démontré sa thèse de l'immutabilité de l'Église? La question de l'évolution des dogmes. — Gomment l'entendent : les protestants ; les catholiques. Ce qu'il faut en penser.

Que valent les arguments opposés à Bossuet par les protestants pour légitimer leur attitude? Qu'ils ne valent rien parce qu'ils valent trop. — Justesse des vues de Bossuet sur les destinées de la thèse protestante.

DOUZIÈME LEÇON Bossuet et les protestants.

La grande idée de Bossuet : la « réunion )> des Églises. Gomment personne n'en avait plus fortement que lui prouvé l'impossibilité et cependant quelles raisons il a eues pour s'obstiner à y croire. — Si, comme on l'a dit,

Bossuet a cru que le xyii^ siècle marquait une ère de repos et s'il n'a rien entendu des menaces de l'avenir. — Que son désir de concorde et d'union explique son attitude à l'égard : a) des jansénistes; 6) des jésuites; c) des quiétistes; — qu'il explique aussi ses prétendues complaisances pour le pouvoir.

Origines et histoire de la controverse entre Molanus et Leibnitz d'une part, Spinola, Mme de Brinon, Pellisson et Bossuet, d'autre part. — Comment Molanus et Bossuet auraient pu s'entendre, si l'intervention de Leibnitz n'avait tout gâté. — Leibnitz : ce qu'il faut penser : de son caractère; de sa méthode de discussion. — La brusque rupture. — Quelles en furent les raisons.

Attitude de Bossuet vis-à-vis des protestants pendant la querelle du quiétisme. Que cette attitude prouve qu'il s'est trompé de bonne foi au moment de la Révocation de rÉdit de Nantes. Les Instructions -pastorales sur les promesses de l'Eglise. — Réponse de Basnage. — Les Nouvelles Instructions pastorales. — S'il est vrai de dire que Bossuet, dans ces ouvrages, ait manqué d'invention.

Reprise de la correspondance avec Leibnitz. — Les questions traitées : l'œcuménicité du concile de Trente et les livres deutéro-canoniques. — De l'opinion de Taine sur la correspondance de Leibnitz. Ce qu'il faut en penser. — Que Bossuet et Leibnitz nous présentent comme l'exemplaire de deux formes d'esprit différentes et de deux générations opposées. — Leibnitz et la philosophie du XVIII® siècle.

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