I. — Origine, intention, économie du Discours
a) Originalité de la conception contestée par Sainte- Beuve dans son Port-Royal. — Que le dessein du Discours sur ruistoire Universelle éisiit déjà celui de Bossuet dès sa jeunesse (témoignage de l'abbé Ledieu); — que l'idée
maîtresse du Discours, étant proprement la justification et la démonstration historique et théologique du dogme de la Providence, cette idée est aussi l'âme et le ressort des ouvrages des Pères de TÉglise ; — que les linéaments et les éléments de l'œuvre se reconnaissent déjà dans les premiers Sermons {Sermon sur le Caractère des Deux Alliances. Jësus-Christ comme objet de scandale).
b) Que le Discours sur VRistoire Universelle est à la fois une réponse aux libertins, au Traité théologico-politique de Spinoza et à l'exégèse nouvelle de Richard Simon. — Analogies d'intentions entre VApologie de Pascal et le Discours de Rossuet et, à ce propos, de l'incrédulité au xviF siècle.
c] Gomment c'est la l'^'' et la 3"^^ partie du Discours {les Époques, les Empires) qu'on lit le plus volontiers et que, cependant, c'est la 2""^ partie {la suite de la Religion) qui est la plus importante. — De la suite que Rossuet devait donner au Discours.
II. — Des objections adressées à l'œuvre. — Qu'elles tombent pour la plupart si l'on supprime le titre de l'ouvrage. — Déloyauté de certaines critiques à l'égard de Rossuet.
i° Quelles seraient aujourd'hui les conditions d'une Histoire Universelle''^.
a) Extrinsèques.
b) Intrinsèques. — Qu'une Histoire Universelle ne doit pas être universelle; qu'elle ne doit s'occuper que des faits significatifs; et que des faits manifestement réductibles à des lois.
2° Gomment faut-il juger la conception de Rossuet?
a) Qu'il est impertinent de mettre en doute la compétence de Bossuet, aujourd'hui que la critique biblique a été si souvent et reste encore tellement sujette à erreur. — 6) Si Rossuet a eu tort de subordonner l'histoire universelle à l'histoire du peuple juif : qu'il n'y avait pas de fait plus général en son temps que le christianisme; — qu'il n'a fait que ce que Renan lui-même a fait en proclamant qu'il n"y avait que « trois histoires de premier
intérêt, la grecque, la romaine et la juive )>. — c) Si Bossuet ne devait point parler de l'Inde et de la Chine, et qu'il n'a pas eu complètement tort si l'on considère que l'Inde et la Chine ont vécu excentriquement au grand mouvement de la civilisation humaine.
Mais :
a) qu'on pourrait plus justement s'étonner qu'il n'ait pas parlé de l'humanité primitive; — b) que, souvent, les liaisons qu'il constate et établit ne sont pas tant des nécessités que des coïncidences; — c) enfin, que, sans pousser aux excès de Voltaire, on ne peut s'empêcher de trouver que le Dieu des chrétiens a pris pour réaliser son dessein des moyens à la fois bien détournés, bien cruels, et bien inefficaces.
III. — Valeur actuelle du Discours sur V Histoire Universelle.
a) Précision du détail. — Abondance, qualité de l'érudition de Bossuet.
b) Solidité de la critique. — L'argumentation de Bossuet encore acceptée par les hébraïsants; — son art de dégager la vérité des discussions particulières qui l'obscurcissent.
c) Que les grandes lignes du Discours sur VRistoire Universelle demeurent encore, après"^ toutes les découvertes des savants modernes.