‹ BossuetChapitre 48 sur 49 · DIX-SEPTIEME LEÇON · texte numérisé non relu

DIX-SEPTIEME LEÇON

La philosophie de Bossuet.

I. — D'une double erreur qu'on a commise : a) En cherchant la philosophie de Bossuet dans ses écrits philosophiques : Que c'est faire de ces ouvrages plus de cas qu'il n'en faisait lui-même (des nombreux témoignages que nous avons à cet égard) ; — et aussi que c'est concevoir une idée étroite de la philosophie en général et de la philosophie de Bossuet en particulier.

b) En réduisant cette philosophie à une sorte de cartésianisme mitigé. — La lettre à Huet du 18 mai 1689. Qu'on y voit le fond de la pensée de Bossuet sur Descartes et le cartésianisme. — Comment tout ce qu'on veut que Bossuet doive à Descartes c'est aux -Pères de l'Église qu'il l'emprunte, quand il ne le tire pas de lui-même.

IL — Que la philosophie de Bossuet est la philosophie de la Providence; et que son oeuvre est l'apologie de la religion chrétienne par le moyen de la Providence. — Importance capitale de ce dogme prouvée :

a) Scolastiquement : Analyse des arguments des athées contre la Providence (Lessius : De Providentla nnminis et animi immortalitate adversus atheos et politicos. — Contzen : Politique). Que toute l'œuvre de Bossuet est une perpétuelle réponse à ces arguments.

6) Philosophiquement : Comment, à un point de vue plus détaché et plus spéculatif, l'idée de la Providence soutient et vivifie l'œuvre entière de Bossuet.

c) Historiquement : Comment, à l'origine de toutes les

controverses, c'est pour défendre le dogme de la Providence que Bossuet prend la plume ou la parole.

III. — Sources du dogme de la Providence : Xénophon, les Stoïciens, Sénèque, les Pères de l'Église. — Originalité et profondeur de Bossuet : a) Par l'extension qu'il a donnée à cette idée ; — 6) Par la diversité des applications qu'il en a faites; — c) Par l'empreinte qu'il a su y mettre de luimême. — A ce propos d'une conception étroite du christianisme qui veut qu'une philosophie chrétienne manque nécessairement d'originalité : Bossuet — Pascal — Chateaubriand.

DIX-HUITIÈME LEÇON La « Politique tirée de l'Écriture Sainte )>.

I. — Dessein de l'ouvrage. — Nature particulière de sa composition. — Comment Bossuet use de la Bible dans la Politique : Respect et liberté. — Qu'il faut, pour avoir une idée vraie de la Politique, prendre la contre-partie de l'opinion courante à son sujet.

L'idée de la Providence. Qu'on la retrouve ici partout. — Les caractères que Bossuet assigne à Tautorité légitime et ceux qu'il adore en Dieu.

II. — L'intérêt particulier de l'ouvrage : a) ce que la Politique contient de principes généraux de sociologie et, parmi ces principes, quels sont ceux qui sont vrais et solides aujourd'hui, quels, ruineux et caducs; — b) quelle est l'expression de l'idéal monarchique de Bossuet; — c) quels sont, à ses yeux, les devoirs de la royauté.

III. — Conclusion. Que la Politique, loin de mériter le discrédit où on la tient, est un des plus beaux ouvrages

de Bossuet; qu'elle complète sa pensée et achève sa physionomie. — Que Fidée fondamentale, il est vrai, en est inadmissible pour nous, si Bossuet a prétendu lier ensemble les destinées de la politique et de la religion. Mais, si l'on s'en tient aux principes généraux, qu'il n'est pas d'œuvre plus actuelle, plus honnête et plus sincère.

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