AVANT-PROPOS. IX
ser du fait au devoir. La science, en ce moment, renouvelle l'idée qu'on se faisait de l'univers et de la vie: sortira-t-il jamais une morale des théories évolutioiinistes ? Peut-être un jour; mais il n'en est point sorti encore. En attendant, il faut vivre, et l'homme ne peut vivre sans une morale, sans une morale qui commande à la raison, et que la volonté ne puisse nier, même quandelle la transgresse, une morale enfin qui fixe des devoirs. Or, il n'y a que l'ancienne morale qui répond à ce besoin de l'humanité. Force est de nous en contenter provisoirement comme nos devanciers l'ont fait pendant quelques milliers d'années, et de cette morale la forme la plus haute, la plus épurée^ c'est celle que le christianisme a présentée au monde. En attendant que la science soit assez avancée dans son œuvre de généralisation pour fonder une morale sur des principes sûrs, gardons donc la bonne et simple morale chrétienne. Il serait dangereux de répudier trop vite les idées de devoir et de sanction, et, par des généralisations hâtives et incomplètes, de