N° xlii
soutenues par le Réformateur en 1540 lui fournissaient une preuve convaincante <le la part morale qu'il y avait prise, et ces thèses, il en avait trouvé, au livre vingt-sixième de Sleidan, des citations et une analyse assez développées. Mais il ne se contente pas de cette reproduction ; il s'adresse au texte même des œuvres de Luther, d;ms le tome premier de l'édition de Wittemberg. Et ici encore, il est payé de sa peine. Sleidan « n'avait pas osé rapporter les derniers mots » de ces « thèses sanguinaires », « tant, » dit Bossuet, « ils lui avaient paru horribles » ; et la fin de ce compromettant passage autorise dans une certaine mesure l'historien catholique à reprocher à Luther d'avoir, « d'une manière furieuse », excité son parti à prendre les armes1.
Il n'est pas moins exact sur les dates des documents qu'il allègue. — Pour étudier le caractère de Mélanchthon dans les lettres de ce Réformateur, il a dû établir entre elles , pour son usage, un ordre chronologique ~ qui n'existe pas dans les éditions dont il pouvait se servir. — Il s'empare, en un endroit, de cette grave déclaration de Bucer, que « les bonnes œuvres peuvent mériter la vie éternelle. » Mais il est important de savoir à quel moment précis le docteur de Strasbourg a fait cette concession aux catholiques : c'est en 1549, dans la Dispute de Leipzig; Bossuet n'oublie pas de le noter, « afin qu'on ne pense pas que ce soient des choses écrites au commencement de la Réforme et avant qu'elle eût le loisir de se reconnaître 3. » — De même lorsque Calvin prétend, sur l'article de la Cène, interpréter la Confession d'Augsbourg, rédigée par Mélanchthon , mais en 1530 et au nom de
1. L. VIII, n° i. — Voir des vérifications du même genre, 1. VI, n° xlii ; I. VII. n° LViu; 1. VIII, n° i; 1. X, nos xia et xxiu ; I. XI, n"s cxxxvr, clxxih, ci.xxiv. 11 n'est pas inutile de signaler la loyauté de Bossuet dans la façon de citer les textes ; il ne les découpe point arbitrairement, et, quand il est obligé de les morceler, il en avertit (I. XII, n° il).