L. V, n°s xvii-xx ; 1. X, n° xix
'■'>. L. IIl,u" xi. n. Cf. m" xliii : (i Bucer disputait ainsi pour l'Église catholique en 1516, etc. »
tout le parti, par les concessions que Mélanchthon fit, bien plus tard et en son nom propre, aux partisans du a sens figuré », Bossuet proteste, et il observe avec raison qu'il faut « regarder, non pas ce que Mélanchthon a pensé depuis, mais ce que Mélanchthon pensait alors, avec tous ceux de la secte. »
Cette habitude d'avoir égard à la chronologie lui permet parfois de redresser judicieusement les écrivains qu'il combat. Un jeune érudit protestant, Daniel de Larroque, venait, dans un opuscule contre Varillas \ de produire une Confession de foi anglaise « où la Présence réelle était clairement établie, et la Transsubstantiation non moins clairement rejetée » ; mais le plus curieux, c'est qu'il soutenait que cette Confession de foi avait été « proposée à Wiclef » par les évêques catholiques rassemblés dans le concile de Londres de 1382, « où arriva ce grand tremblement de terre, et qu'on appelle pour cette raison Conciiium terrae motus. » Ce fait grave méritait confirmation. Ici encore, par la faute de ses adversaires, Bossuet n'a pas de quoi leur démontrer pleinement qu'ils ont tort : il voudrait qu'on lui eût mis, sous les yeux « toute la suite », et non pas un fragment isolé de cette Confession si surprenante. Il croit pouvoir, du moins, la contester déjà par la seule considération de la date que Larroque lui assigne : « Wiclef même répète quatre fois [dans son fameux Trialogue] que, dans le concile de Londres où la terre trembla, on définit en termes exprès que la substance du pain et du vin ne demeurait pas après la consécration ; donc il est plus clair que le jour que la Confession de foi où ce changement de substance est rejeté ne peut pas être de ce concile2. »
Préoccupé de l'authenticité et de la date des témoignages, il l'est aussi de la crédibilité des témoins. Entre