L. XI, nos xxxn, xxxv, lxvii, lxviii
5. L. XI, nos lt, liv, lxxiii, cxiii. — Cf. Schmidt, Hist. des Cathares, t. II, p. 147, 227.
6. Cf. pour l'histoire des Albigeois et des Vaudois , sur Alain (du Puy ou de Lille), 1. XI, nos xlviii, xlix, lxxxi; Bernard de Fontcauld , nos lxxv, lxxvii, lxxviii, lxxix; Conrad d'Ursperg, nos lxxii, lxxvi; Ébrard de Béthune, nos lu, lxxii, lxxiii; Ecbert, nos xxvn, xxxiv ; Émeric, n» xcvi; Pierre Gilles, nos cxvn, cxvin ; Gui de Nogent, n° xli; Léger, n<> iv; Perrin, n° xc, cxxiv, cxxvi; Pierre
- de Sicile, n° xiv ; Pierre de Vaucernay, nos l, li, lxxxii; Pylicdorf, n°* lxxiii, lxxxvi; Claude de Seyssel, n° xcvni; Actes des Conciles, n°s xxxvi, xxxvn, xliii ; et sur les sources catholiques en général, nos xcvn et cxih. — Cf. sur quelques-uns de ces auteurs, Schmidt, t. I, p. 42, 96 sq. ; t. II, p. 2 sq., 227, 231, 232, 234, 239, 296-298, 310 sqq. ; E. Montet, Hist. littér. des Vaudois de Piémont, p. x, 31, 150. — Bossuet se vante d'avoir vu « tous les auteurs du tpmps sans en excepter un seul. » (L. XI, n°» lxiv et xexi.)
Bossuet n'accorde pas non plus la même valeur à tous les écrits d'un auteur. Il fait un juste discernement entre les lettres et les traités, selon qu'il se propose d'étudier le caractère des Réformateurs ou leurs doctrines1.
Parmi les traités, il prend de préférence les plus soignés, les plus célèbres, ceux où il y a lieu de penser que l'auteur s'est mis, pour ainsi dire, le plus complètement, et se fût reconnu le mieux. Pour Zwingle , il choisit « le plus accompli de tous ses ouvrages » : la Confession de foi « qu'il adressa, un peu devant sa mort, à François I" ». Pour Calvin, c'est à la Dilucida Explicatif) de 1501 qu'il s'attache d'ordinaire. Et la raison en est que le Réformateur de Genève, « après avoir longtemps disputé avec les Luthériens » sur la manière dont Jésus-Christ est dans l'Eucharistie, a tâché, dans cet ouvrage, d'expliquer plus clairement que jamais sa doctrine sur cet article2.
Il ne prend pas au hasard à travers les lettres. La plupart des textes de Mélanehthon sur lesquels Bossuet s'appuie sont empruntés aux lettres écrites à Joachim Camerarius, l'un des rares correspondants auxquels le très prudent ami de Luther pensât pouvoir confier, en toute sécurité, ses plus gros secrets 3. Et parmi ces lettres même, celles que Bossuet emploie le plus volontiers sont celles, ou que Mélanehthon écrit en grec à son ami, ou qu'il lui demande d'anéantir aussitôt reçues. Si la pensée exacte de Mélanehthon se dévoile quelque part, c'est sans doute en ces missives mystérieuses.
A plus forte raison Bossuet se tient -il sur ses
1. L. IV, d° i : « La lettre que Luther avait écrite contre le duc George de Saxe avait déjà bien montré qu'il n'était plus question... de cette patience évangélique... : mais ce n'était qu'une lettre écrite à un particulier. Voici maintenant un écrit public. » Cf. 1. VI, n° xu : « Ce ne sont pas les entretiens particuliers que j'écris, mais seulement les actes et les ouvrages publics. » Cf. 1. VIII, n° xxiv.
2. L. IX, n°xuv. Cf. Corp. Réf.. Calvini Opp., t. IX : Dilucida explicatio... ad diseutiendas Heshusii nebulas, cuiadjecta est ratio ineundae concordiae, si veritas extra contentionem quaeritur. P. 518 : « In ea nihil omissum quod dignitas et reverentia hujus mysterii ■postulat. » Cf. sur La Confeseio Tigurina et Genevensis , le Catéchisme du dimanche et la Confession française, 1. IX, uos xx et xl.
3. Cf. Corp. Reformatorum, Melanckthonis Opéra, t. I, col. xl-xli.
gardes quand il a recours à des auteurs donnant le plus léger prétexte aux défiances protestantes. Lorsqu'il demande à Erasme des renseignements sur les résultats moraux de la Réforme en Allemagne, il a soin de faire la plus large part aux lettres que le philosophe de Baie écrivait, non pas à des catholiques militants, suspects de fomenter son mécontentement et de l'encourager à la satire, — mais à des correspondants, soit nettement protestants, soit, tout au moins, catholiques modérés, qui étaient en mesure de contrôler ses rapports et ses jugements, et disposés, au besoin, à y contredire \
En ce qui touche Luther môme, il est bon de remarquer de quels documents Bossuet dégage l'opinion d'Erasme sur le Réformateur2. C'est, en premier lieu, la lettre fameuse adressée par Erasme à Luther en 1519, et où, tout en assurant le moine de Wittemberg1 de son estime et de ses souhaits sympathiques, il lui laisse entrevoir, d'une façon insinuante et habile, mais transparente, combien les témérités et les violences lui semblaient déplacées en une si grande affaire3.
C'est ensuite une lettre adressée, en 1520, au cardinal Campège. Luther a rompu avec l'Eglise, et Erasme décline toute solidarité effective avec lui, mais il ne le charge point : il ne fait que définir avec une précision impartiale ce qui lui déplaît dans la nature, et surtout dans les façons d'agir, du Réformateur4.
C'est enfin une lettre écrite à Mélanchthon en 1524, après la composition de ce traité du Libre Arbitre , où Erasme adressait à Luther comme une dernière adjura-
1. L. V, n° xni : lettres à Mélanchthon; à Willibald Pirckheimer, humaniste de Nuremberg, actif partisan de Reuchlin et de la Réforme commençante, qui recommandait chaudement Luther au pape; à Gaspard Hédion, prédicateur de Strasbourg; à Henri Stromer, médecin d'esprit pacifique, partisan des opinions moyennes d'Érasme, etc. 11 y en a une à Théodore Hezius, secrétaire, sans doute modéré, du pape conciliateur Hadrien VI; une seule à George de Saxe, le bouillant ennemi de Luther.