Voir plus loin, 1. III, ch. n, n° ai
lier à leur cause les hérétiques du moyen âge et s'ingénient à les représenter comme des avant-coureurs de la Réforme1. On peut suivre chez les écrivains protestants du seizième siècle l'enhardissement progressif de cette théorie intéressée.
En 1356, le Baronius du protestantisme luthérien, le célèbre Flacius Illyricus, qui sent bien la difficulté de cette histoire 2 mal éclaircie des sectes antérieures au quinzième siècle , se contente encore de représenter les Vaudois comme des « témoins de la vérité», desquels les Albigeois procédèrent3. En 1581, La Popelinière insinue qu'ils « tenaient même foi que les Réformés1 ». En 1580 et en 1505, Jean Chassanion et Théodore de Bèze, mêlant décidément les Albigeois et les Vaudois, saluent en eux, sans hésiter, les « restes » glorieux « de la pure primitive Eglise chrétienne5 ». Enfin, en 1618, Perrin, dans ses deux histoires des Albigeois et des Vaudois, composées sur l'ordre et avec les subsides des Synodes b et qui, sous deux titres, n'en font qu'une7, fonde définitivement et pour longtemps la doctrine officielle du protestantisme sur cet article.
Il est sûr, selon lui, que les Albigeois et les Vaudois n'ont jamais été distincts et n'out formé qu'un seul corps d'Eglise , concentré surtout dans le midi de la France , mais dont les colonies se sont répandues par toute l'Eu-
1. Pour les encouragements donnés aux historiens des Albigeois et des Vaudois par les Synodes, voir Aymo.v, t. I, p. 123, t. II, p. 248, et ci-dessous, n. 7.