N°» xxxvi et xxxvn. Cf. plus loin, I. III, ch. m, n° iv
furent faites dans la plupart des Synodes provinciaux » auxquels , d'ailleurs , le Synode national tenu à Lyon en 1563 avait donné l'exemple : deux articles des procèsverbaux de cette assemblée contiennent un blâme formel de l'obéissance au Roi et à la Reine-mère, en môme temps qu'une approbation implicite des moyens violents.
Peut-on maintenant faire valoir, comme justification, soit la bonne discipline des huguenots dans ces guerres !, soit la conduite tenue plus tard par les catholiques euxmêmes sous Henri III et Henri IV2? Bossuet, après avoir réfuté en passant ces excuses peu solides, s'arrête plus longuement à discuter la théorie récemment soutenue par Burnet et par Bayle 3.
Les huguenots, avait dit Burnet4, attaqués les premiers par les Guises, se sont vus forcés de se défendre; de plus, ils ont pu le faire légalement, vu les droits que le prince de Condé, leur chef, avait au gouvernement de l'Etat.
A la première objection, Bossuet, se fondant sur La Popelinière et de Thou, répond que le massacre de Vassy n'était point une entreprise préméditée 5; à la seconde, il réplique15 que la Régence avait été déférée à Catherine du commun consentement de tout le royaume et même du • roi de Navarre, que le prince de Condé n'avait nul droit d'y prétendre, et que, du reste, il n'y a jamais prétendu.
La thèse de Bayle était plus forte. Il ne contestait pas la légitimité du pouvoir de Catherine ; il l'exagérait, au contraire, pour en conclure que ces lettres célèbres de la Régente au prince de Condé, où elle le priait de « conserver la mère et les enfants, et tout le royaume », légitimaient entièrement la prise des armes7.