‹ Bossuet, historien du protestantismeChapitre 133 sur 327 · N° xxix · texte numérisé non relu

N° xxix

T>. N° xxx.

Et du reste, le but qu'on se proposait, au dire de Bèze lui-même, c'était « qu'une Confession de foi » fut présentée au Roi; et c'était par une requête en vue d'obtenir la liberté de conscience que « l'action devait commencer » *.

En vain essaie-t-on d'obscurcir le caractère véritable de la conjuration en rappelant que des huguenots la révélèrent. Il est vrai ; mais le parti les considéra comme des traîtres : Bèze ne s'en cache pas 2.

L'abstentioû de Calvin , dont « l'auteur de la Critique de Maimbourg » fait si grand bruit3, ne prouve pas davantage : il blâma la conjuration, d'accord; mais il ne fit rien pour l'empêcher. Et s'il l'avait si fort détestée, Bèze. son disciple, son collaborateur, son ami, l'eût-il approuvée avec tant d'éclat 4?

La conjuration d'Amboise fut donc bien « une affaire de religion, » où « tout le gros de la réforme entra », « une entreprise menée par les Réformés » dans l'intérêt de la Réforme 5.

La première guerre civile leur doit être aussi attribuée6. Alors, tout le parti se déclare. L'Amiral, qui s'était abstenu de prendre part à la conjuration d'Amboise, se met à la tête des protestants ouvertement rebelles. Calvin ne résiste plus cette fois. Les modérés eux-mêmes, comme le brave et sage La Noue, qui s'était d'abord opposé à la prise des armes, sont entraînés « par l'autorité des ministres et des Synodes. »

Car, à ce moment, « la doctrine qui permettait de prendre les armes pour la cause de la religion fut autorisée, — selon Bossuet — non plus seulement par les ministres en particulier, mais encore en commun par les Synodes7 ». « Des décisions expresses sur cette matière

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