‹ Bossuet, historien du protestantismeChapitre 166 sur 327 · Haag, France protestante · texte numérisé non relu

Haag, France protestante

3. A Leller to MT Thevenot contalning a Censure of Mr Le Grand History 6f King Henry the Eighlh's divorce; to which is added a censure of M1 de Meai/.r History of the Variations of the Protestant churches, etc. 1689 (p. 19- 45). Cette critique est datée de La Haye, 10 septembre 1688. Une traduction française en fut publiée à Amsterdam, 1689. — Cf. I'Histoire des ouvrages des Swa.xts, octobre 1689, art. VIII, et la dédicace à -< Mylord Burnet, évêque de Salisbury, ebancelier de l'ordre de la Jarretière et premier aumônier du Roi, » de l'Histoire de la Religion des Églises Réformées de Basmage (1690). — La

les entreprises catholiques de Jacques II1, ses relations avec Guillaume d'Orange , dont il était devenu le publiciste officiel et le conseiller intime, le désignaient par avance comme le futur leader de l'Eglise nationale.

Son renom, d'ailleurs, n'était pas limité à l'Angleterre et à la Hollande. Sa grande Histoire de la Ré formation anglicane , accueillie avec enthousiasme par ses compatriotes et honorée par le Parlement d'une marque d'estime unique2, avait obtenu, sur le continent aussi, un grand succès. Traduite en allemand, en français, en latin, les traductions s'en réimprimaient comme le texte. En outre, Burnet connaissait la France et y était connu. Il s'était toujours intéressé aux querelles de l'Eglise française3. Naguère encore, aux approches de la Révocation, quand les ministres calvinistes étaient presque réduits au silence, il avait pris en main leur cause et répondu pour eux au manifeste du clergé de France. Dans ses séjours à Paris, il s'y était lié avec les savants, qui, malgré les inimitiés religieuses, le tenaient en estime \

Il avait enfin, pour écrire contre Y Histoire des Varia-

critique de Burnet est assez courte, et, en dehors de la réfutation du principe de Bossuet, elle n'a trait qu'aux guerres de religion du seizième siècle en France et à l'histoire d'Angleterre.

1. Burnet fut persécuté eu 1685 par le gouvernement du dernier Stuart. Voy. les Lettres sur les matières du temps (1688) p. 9.

2. Le Parlement lui vota des remercîments et l'engagea, par une délibération spéciale, à continuer son histoire.

3. Cf. dans Lowndes, Bibliographer's manual : A Relation of the massacre of about an hundred thousand Protestants in France in 151% (1678) ; A collection of Letters and Instruments that hâve passed during the late contests of France conceming the Regale (1681) ; News from France, in a Letter giving a relation of the présent state of the différence betiveen the french King and the court of Rome (1682) ; The Letter writ by the last Assembly gênerai of the Clergy of France to the Protestants, voilh the Methods, translated into English and examined (1683); Reflections on mvVarillas' Hislory of the Révolutions (1686) ; A defence of the Reflections... (1687) ; A continuationof Reflections... (1687). — Le Mercure galant publia les e.xtrailsdes sermons que Burnet avait prêches au moment de la révolution de 1688 (Bavle, Cabale chimérique, part. 11, ch. î, dans les Œuvres diverses, éd. de 1727, t. II, p. 656).

4. Voy. sur son talent de composition, Hist. des Var., 1. VII, nos i et civ. — Sur le succès de ÏHistoire de la Réformation anglaise (1679-1681), voy. plus haut, p. 179, n. 4. Cf. Correspondance de Turretlini, éd. de Budé, t. I, p. 310; — lettres de Spo.n et de Graevius (1681, 1685, 1686, 1688, dans la Correspon-

tions, un motif personnel. Le prélat français, comme s'il eût voulu provoquer le plus illustre champion qu'eût alors l'église d'Angleterre, avait signalé, chemin faisant, certaines bévues de Burnet sur l'histoire de France avec ces airs de hauteur écrasante que son éloquence savait prendre au besoin '.

En Suisse et en Allemagne, les contradicteurs ne manquèrent pas non plus à Bossuet.

Jean-Alphonse Turettin, né à Genève d'une famille qui avait déjà donné à la Réforme de célèbres défenseurs, y avait reçu une de ces fortes éducations comme on en voyait alors, où la variété encyclopédique n'empêchait pas la précision et la solidité du savoir dans une spécialité préférée. A vingt ans , il était déjà l'admiration des érudits.Il vient alors en Hollande, à Rotterdam, se mettre eu rapport avec Jurieu, Basnage et Bayle, puis à Leyde, étudier sous Frédéric Spanheim la théologie historique2, et en 1G92, de ces études approfondies et de ces entretiens féconds sort une thèse , qui, au dire des connaisseurs, valait un livre entier sur la matière3. C'était une réfuta -

dance de l'àbbé Nicaise,B.W., Mss.fr., t. II, f. 137, 169sqq.; — Correspondance des Bénédictins français, p. p. Valéry, lettres cTEstiennot à Bulteau (lia d'oct. 1685); île Mabillon à Magliabechi (16 sept. 1086); de Michel Germainj Ma- 1 iabechi (25 août et 6 octobre 1687, 20 juin 1688), etc. — Bibliothèque universelle ici- historique, t.. 1, p. 166; cf. t. V, p. 530 sqq. et t. XI, p. 292, 450. — Journal des Savants, juillet 1688; — Bayle, Noua, de la République des Lettres, octobre 1686. — Pour les éditions et les critiques de cet ouvrage de Burnet, voir Lowndes, Bibliofjrap/ier's Manual, et le Dictionnaire de Chauffepié. — La traduction française, publiée à Paris en 1683 et 1085, fut réimprimée à Genève en 1085 et à Amsterdam en 1687. On traduisit aussi l'ouvrage de Burnet en latin < 1080) et en allemand (1691).

1. Cf. Histoire des Variations, I. VII, nos cvm, et toute la lin; 1. VIII, nos xxxi et xxxn; 1. X, nos xxxn, xlu-xlv : •<. Laissons donc M. Burnet, un étranger, qui décide de notre droit sans en avoir seulement la première connaissance. »

2. Sur Turrettin, voy. la préface de l'édition de sa Correspondance par E. de Budé; Lettres de l'abbé Nicaise, p. p. G. E. Pélissier, p. 17, etc. — En particulier, sur sa précocité, voyez les lettres de Drelincourt, Dautun, Patrick- Saint-Clair, dans la Correspondance éd. de Budé), t. 1, p. 300, 309, 316, etc.

3. Pyrrhonismus ponlifieius, sive dissertalio hislorico-theologica de varialionibus Pontificiorum circa Ecclesiae Infallibilitatem,... (Disp. habita Lugd. Batavorum anno lofti). dans les Cogitationes et Dissertationes theologicae de Turrettin, Geoève, 1737, t. Il, p. 'i79 sqq. « Cette pièce, dit Chauffepié, lit beaucoup d'honneur a l'auteur. » Cf. Bayle, lettre à MiDutoli, du 30 juin 1692, et Dict. cri t.. art. Turrettin, rem. C

tion de Y Histoire des Variations. Les maîtres et les amis de ce « grand homme ' » naissant n'avaient pas cru pouvoir lui conseiller un meilleur emploi de sa jeune science. Au moment où l'ouvrage de Bossuet paraissait, le baron Guy Louis de Seckendorf, juriste, politique et théologien, ancien conseiller des ducs de Saxe et futur chancelier de l'Université de Halle, venait de publier le commencement d'un volumineux Commentaire historique sur le Luthéranisme'. Ce premier et précieux essai d'une histoire politique et religieuse de la Réforme allemande d'après les documents d'archives était rédigé sous la forme d'une réfutation de ÏHistoire du Luthéranisme de Maimbourg. Mais quand, six ans après, Seckendorf, encouragé par Leibniz3, donne une seconde édition de "son ouvrage4, alors tout en conservant le cadre où il avait d'abord fait entrer les résultats de ses recherches, il ne se borne plus à prendre à partie le seul Maimbourg, qui ne méritait guère cet honneur5; c'est « surtout » Bossuet, dont Leibniz l'a entretenu assidûment G, que Seckendorf a

Page 1