‹ Bossuet, historien du protestantismeChapitre 167 sur 327 · Chauffepié, Dictionnaire · texte numérisé non relu

Chauffepié, Dictionnaire

2. Cômmentarius liistoricus et apologeticus de Lutheranismo... in quoLud. Maimburgii Historia Lulheranismi, anno 1680... édita, latine versa exhibetur, corrigitur et suppletur ; simul et aliorum quorundam scriplorum errores mît calumniae examinantur, etc. Francf. etLpz., 1687-1G91 (3 parties) in-4. — Cf. Hist. des Ouvr. des Savants, février 1688; Journal des Savants, 1692, p. 323; Biblioth. univers, et hist., t. XXII.

3. Lettres de Leibniz à Seckendorf (du 2i juillet et du 1er octobre 1690, du mois d'août et du 17 décembre 1691, du 24 avril et du 29 juillet 1692). Mss. de la Biblioth. rov. de Hanovre, Corresp. avec Seckendorf.

4. Cômmentarius, etc. : editio secunda emendatior, 1694, in-fol.

5. Admonitio de l'édition de 169 i ; cf. part. III, sect. xxi, n° i.xxix, Addilio IV.

6. Déjà pendant que Seckendorf terminait la première édition de son ouvrage, Leibniz l'exhortait à ne pas s'occuper du seul Maimbourg : « Et bene est quod Varillasium et Meldensem Mainburgio jnngis... » (24 juill. 1690). « lllustrissimi Bossueti erit, tua sibi in primis dicta putare, postquam Mainburgius excessit rébus humanis, eu jus alioqui non maxima erat apud intelligentes existimatio. Varillasius autan jam satis famam decoxit. Edit Bossuetus aat fartasse jam edidit replicationem ad ea quae Basnagius Vai'iationum molimini reposuerat. » (Août 1691.)

Leibniz attendait avec une impatience visible l'achèvement de l'ouvrage de Seckendorf pour pouvoir l'opposer à Bossuet. Dans la dernière lettre citée, il apprend à Seckendorf qu'il a pris soin d'annoncer à Pellisson ainsi qu'à Daniel de Larroque, « familier de l'évèque de Meaux », où en est le livre de Seckendorf. De même, dans la lettre du 24 avril 1692 : « Dudum ego eruditos Gallos in spem

désormais en vue; c'est à Y Histoire des Variations qu'il oppose nue apologie de Luther et de l'église par lui fondée.

Dans la célèbre et très vivante Université de Tubingue l'ouvrage de Bossuet attira sans doute de bonne heure, l'attention des théologiens, et, en tout cas, elle la retint longtemps. En 1720, le docteur Christophe Mathieu Pfaff, qui déjà s'était rendu célèbre par ses heureuses découvertes dans les bibliothèques d'Italie et bientôt allait devenir un des personnages les plus influents et les plus honorés de l' Allemagne religieuse ', consacrait à ï Histoire des Variations, à propos d'une thèse soutenue devant l'Université, une étude spéciale2.

Enfin, à côté de ces jouteurs de grand renom, nous voyons, en Allemagne aussi, donner contre Bossuet, des combattants de moindre marque. En 1G90, le docteur Jean Henri May abandonne un instant ses études hébraïques pour revendiquer contre V Histoire des Variations la constance perpétuelle des Eglises de la Confes-

tui operis erexeram. » Une lettre à Tentzel, rédacteur des Monatliche Unterredungen, est encore plus significative : « Salivam jamdudum moveram Meldensi episcopo et Pellissonio, celebratis verts ejus (Seckendorfii) laudibys » 13 nov. 1692 (Mss. nu Hanovre, Corresp. avec Tentzel). Cf. Briefwechsel mit d. Landgr. Ernest, édit. Roramel, t. II, p. 296, 346, 371 (lettres de sept., nov. et déc. 1691).

Il s'empressa de communiquer l'ouvrage de Seckendorf à Bossuet « cui maxime cum Mo negotium erit » (24 avril 1692) Mss., ibid..; cf. Œuvres de Leibniz, éd. Fouclier de Careil, t. I, p. 251-255. L'impression de Bossuet, assez dédaigneuse (lettre à Leibniz du 26 mars 1692) mécontenta Leibniz (voy. Mss. cités, lettres à Seckendorf du 18 et du 24 avril 1692 et à Tentzel du 13 novembre).

Les lettres de Leibniz de 1691-1692 nous montrent Leibniz très préoccupé de lire les ouvrages de Bossuet (voy. les lettres de juin et novembre 1691, de janvier et juillet 1692, dans Rommel, t. II, p. 276, 341, 449, et Foucher de Careil, t. I, p. 301). — Il s'inquiète en particulier des réponses faites par Bossuet aux contradicteurs de son Histoire (cf. plus haut, lettre ras. d'août 1691; et de nouveau dans la lettre du 17 décembre : « Meldensts episcopi responsum Basnagio oppositum videris. »)

1. Pfaff, né en 1686, mort en 1760. — Sur son renom en France, voir le Ïqubnal des Savants de 1715 (p. 465), de 1720 (p. 625), de 1721 (p.294, 321), etc.

2. Chr. Matth. Pfaff, De variationibus Ecctesiarum Protestantium [adversus Bossuetium dissertatio... subpraesidio <l. Chr. Matth. Pfaffii defendet J. C. Berl;. ([.es dissertations académiques de ce genre doivent être' attribuées non pas au doctor respondens, mais au Praeses qui les rédige et les publie. Tubingue, 1720, 22 p. Dans cet opuscule Pfaff se contente de présenter quelques observations générales < quas quiprobe imbiberit...clavëm ad omnia diluenda et refutanda sic sibi comparaverit. •■

sion d'Augsbourg dans leur foi1. En 1 691 , un certain Jean Brunsmann publie une Apologie de l'Église luthérienne contre les accusations de l'évèque de Meaux2. En 1704, Daniel Sévérin Schulz, de Hambourg', — l'un des collaborateurs de Turrettin et de Christophe Mathieu Pfaff dans le projet de Réunion des diverses communions protestantes, — oppose à la peinture de la Réformation selon Bossuet, le tableau antithétique des erreurs de l'Eglise romaine3.

Telle est, en effet, l'une des deux méthodes dont les critiques de Bossuet firent usage contre lui. On goûtait fort, au dix-septième siècle, dans tous les partis, la « voie de récrimination » : rien ne semblait plus piquant et probant que de renvoyer à l'agresseur les reproches qu'on avait reçus de lui4. Du reste, avec plus d'audace que de prudence, Bossuet avait défié par avance ses contradicteurs futurs d'user avec succès contre lui, de cette arme favorite de la polémique contemporaine. « S'ils nous montrent, disait-il d'un ton assuré dans sa préface , la moindre inconstance ou la moindre variation dans les dogmes de l'Eglise catholique, depuis ses origines jusqu'à nous, c'està-dire depuis la fondation du Christianisme , je veux bien leur avouer qu'ils ont raison, et moi-même j'effacerai toute mon histoire 5. » Le défi était précis et tentant6. Jurieu le releva le premier, et à sa suite, Aymon,

1. Joh.H.Majus, Constans et invariata confessio fidei Ecelesiûrum Augustanae confessioni addictarum contra J. B. Bossuetii Histoire des Variations (1690), dans les Selectiores exercitationes tlieologicae et exegeticae (1711), t. II, n° v, p. 235 sqq.

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