‹ Bossuet, historien du protestantismeChapitre 184 sur 327 · Cf. plus haut, p · texte numérisé non relu

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2. Cf. pour Usher et du Plessis-Mornay, plus haut, p. 237, n. 1; Lydius, Waldensia, id est conservatio verae Ecclesiae demonstrata ex confessionibus quum Taboritarum, tutn Bohemorwn scriptis (Rott. et Dordr., 1616- 1617). — Pour les ouvrages cI'Aubertin et de Daillé, v. plus haut, p. 14, 50, 51 et notes. — Matthieu de Larroque, Considérations sur la nature de V Eglise, p. 230, 213 sq.; Histoire de l'Eucharistie (1669), p. 451-465. — Drelincourt, Du faux visage de l'antiquité (1653), sect. iv ; Avertissement aux missionnaires (165i), p. 43 sqq. — Hetzbergius, Ecclesia Waldensium lutheranae testis et socia (1656 et 1668), cité par Lenglet du Frks.noy, Méthod. histor.; — Basnage , Réponse aux Méthodes proposées par l'Assemblée du Clergé de 168%, p. 336-340 sqq. — Jurieu, Système de l'Église, 1. II, ch. i, p. 236; Politique du Clergé (1681), p. 188; Hist. du Calvinisme et du Papisme, t. I, p. 191-198, 219 sqq.; t. II, p. 200, etc.; Préjugés légitimes, p. 9. — Claude, comme l'observe Bossuet (H. des V., 1. XV, n° xl) , se contente de regarder les Albigeois, Vaudois, Wicléfites et Hussites comme « la plus illustre partie de l'Église, parce qu'elles en étaient la plus pure, la plus éclairée et la plus généreuse. » Déf. de la Réform., part. III, ch. v. — Cf. Lettres curieuses touchant la religion (Cologne, 1682), p. 97-98; G. Flournois, les Entretiens des voyageurs sur la mer, t. I , p. 225; Aubert de Versé, L'Avocat des Pro-

Mais alors l'existence de l'onzième livre des Variations ne se tronve-t-elle pas amplement justifiée ? Si le protestantisme en était venu ainsi, an milieu du dix-septième siècle , à englober d'autorité toutes les sectes qui avant lui s'étaient élevées avec quelque succès contre le catholicisme romain, c'était bien l'attaquer chez lui et dans ses racines que de s'attaquer à ces sectes. Les adversaires de Bossuet ne pouvaient décemment se plaindre qu'une histoire des « églises protestantes » embrassât aussi, dans son plan quelque peu élargi, l'histoire des hérésies antérieures, puisque ces hérésies, selon eux, étaient identiques au protestantisme. Et les différences de ces sectes entre elles, si l'on parvenait â les prouver, étaient en quelque façon des variations rétrospectives de la Réforme, du moment où la Réforme les adoptait, endossait la solidarité de leurs croyances, et ne souffrait pas qu'on les distinguât d'avec elle-même.

Que Bossuet ait accueilli avec plaisir, qu'il ait même cherché le moyen d'étudier à nouveau cette question des hérésies du Moyen Age, cela est sûr. D'abord, parce qu'en histoire comme ailleurs, il a cette curiosité exigeante, cet impérieux besoin de la pleine lumière qui fait les vrais historiens comme les vrais philosophes. Arrivé, dans le récit des péripéties de la Réforme allemande, â l'assemblée de Sendomir1, il veut savoir en détail « ce que c'est que ces Vaudois qu'on trouve alors dans la Pologne... » Il croit qu' « il est » même « bon de connaître ce que c'est en général que les Vaudois. » Et, de mémo que, dans ses sermons, il remonte volon-

testants ( 1(58 j), p. 173-174; Larrey, Réponse à l'Avis aux Réfugiés (1709), p. 99; Entretiens de Philalèthe, t. II, p. 320; Lettres sincères, t. II, p. 136, 145, 170; Ai.i.ix, The Evangelical Churches of the Valleys of Piedmont, p. 295; Spo.n , lettre au P. do La Chaise, citée dans les Remarques d'Arnauld sur une lettre de M. Spon (1681); Dialogue sur les Matières nu temps concernant la reliqion (1683), p. 89» sqq. , 105; Bayle, dit. (jeu. de l'Hisi. du Calvinisme, 1. XI (ÙSuvr. div., éd. de 1727, t. Il, p. 50); lettre à Miuutoli, <le février 1691, ibid., t. IV, p. 651 ; Graveroi-, lettre à Jurieu, de 108 i, citée par Cliauffepié, Dict., art. Jurieu, rem. QQ, etc. 1. Accord de Sendomir (1570).

tiers, au risque d'interrompre un peu le progrès du discours, des vérités secondaires aux principes qui les expliquent ; de même il s'arrête ici pour étudier, à propos des protestants, d'abord ces Vaudois dont ils se réclament, puis les Albigeois avec qui les Vaudois ont été confondus, puis les Bohémiens auxquels ils se sont unis, enfin les Wicléfites dont les Bohémiens sortirent1.

De plus, Bossuet avait trop bien compris la direction vers laquelle convergeaient, depuis cinquante ans, tous les efforts de la controverse et l'esprit intérieur qui l'animait2, pour ne pas voir combien il était nécessaire au catholicisme de ne concéder à personne ce privilège, si précieux aux yeux des peuples, d'une antiquité vénérable et d'une succession constante 3. Plus cette théorie des « Réformés avant la Réforme » avait été ardemment soutenue par les meilleurs docteurs du parti, plus volontiers Bossuet devait accepter et porter la discussion sur ce point4.

Mais nous voyons aussi qu'il le pouvait, pour ainsi dire, légalement, et sans sortir en rien des limites naturelles et prévues de sa matière. Il n'avait qu'à prendre droit de l'assimilation complète et absolue que les controversistes protestants s'étaient évertués à établir, et qu'ils

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