Hist. des Var., I. XI, n° clxxvii
2. Bérenger et Ratramne sont également considérés alors comme s'étant opposés à l'orthodoxie romaine pour les mêmes raisons, comme ayant préconisé le même culte que les disciples de Luther et de Calvin.
qu'aux Apôtres même1. On déclarait enfin que ces « restes précieux de l'Eglise de Jésus-Christ » avaient, en dépit des persécutions, prolongé leur existence et persévéré dans la foi jusqu'au seizième siècle , où les vrais Réformateurs avaient enfin paru. Et grâce à tous ces postulats plus ou moins démontrés, on découvrait dans le passé, à côté de l'établissement romain si tôt dévoyé par l'erreur et souillé par le vice, une succession ininterrompue de « protestants », se transmettant intégralement de main en main, « depuis Jésus-Christ, » l'héritage d'une morale sainte et d'une doctrine inaltérée. La Réforme n'était donc plus une « nouvelle-venue », comme ses ennemis ignorants le lui reprochaient : elle pouvait exhiber ses lettres de noblesse. Elle n'avait pas « commencé » en 1517 : elle existait déjà , et elle n'avait fait alors que se manifester d'une façon plus éclatante, plus étendue et plus heureuse. Telle est la doctrine qu'après Usher et du Plessis- Mornay, Aubertin , Daillé, Matthieu de Larroque travaillent à fortifier avec toutes les ressources d'une érudition plus exacte, tandis que Jurieu et Basnage l'implantent dans la théologie militante, et que tous les controversistes, si nombreux et si féconds aux environs de 1685, la propagent à l'envi et la rendent populaire 2.