Cf. plus haut, même livre, ch. i, p
Pour le faire passer par-dessus ce double scrupule, pour le décider à s'attarder, coûte que coûte, à la minutieuse analyse des responsabilités du Calvinisme dans les troubles de la France au siècle précédent, il n'a fallu rien inoins que la considération des polémiques entretenues, autour de lui, de 1670 à 1688, par les protestants et les catholiques , sur le droit de résistance et la légitimité des « guerres de Religion. »
C'étaient les catholiques qui. les premiers, ce semble, avaient cru devoir rappeler l'attention sur la conduite des Réformés français à partir dû règne de François II \
Il était facile, en effet, à partir de 1G65 environ, de prévoir, à la façon dont la cour traitait les religionnaires 2, que le jour viendrait bientôt de la suppression violente du Protestantisme dans le royaume. Mais encore fallait-il que, dans un temps où les haines religieuses étaient certainement éteintes et où le fanatisme n'habitait plus guère que le cerveau de quelques discuteurs exaltés3, l'opinion publique fût peu à peu prédisposée à cette mise hors la loi des dissidents à laquelle le clergé allait amener le roi et ses ministres. Un gouvernement dans l'Occident moderne n'a jamais été assez absolu pour ne pas tenir à mettre de son côté le sentiment national et à fournir aux peuples, si dociles qu'ils pussent être, quelques explications de ses actes *.
Cette besogne incomba naturellement soit aux publicistes payés par le clergé, soit à quelques théologiens indépendants, défenseurs officieux de la cause catholique.
1. Au commencement du dix-septième siècle, une campagne analogue paraît avoir été entamée par Richelieu, Raconis , Pitard, Vialart, d'après D. Blo.ndel, Modeste déclaration de la ve'rité et sincérité des Églises réformées de France (1619), p. 181 sq., 249 sqq.. 272 sqq., 327 sqq.,381 sqq. et Drelincourt, le Combat romain [1620 , p. 8-10. Cf. le catholique Bourguignon, Tableau de la désobéissance et rébellion des hérésiarques ou chefs d'hérésie contre les empereurs, rois et souverains (1619 , p. 07-72.