CHAPITRE DEUXIÈME. WA
sécurité clans l'Etat : c'était une objection redoutable contre la vérité de leur foi, c'était un outragé qui irritait, en l'inquiétant, leur conscience... 11 ne s'agissait pas seulement, dans cette dispute, de l'existence matérielle du Calvinisme en France, ébranlée par de telles attaques; comme Jurieu l'explique bien, l'honneur intime de la Réforme était ici en jeu '.
Aussi la discussion des guerres civiles 'n'est-elle pas omise dans un seul, peut-être, des écrits que les Calvinistes publient, soit avant 1685, dans l'attente émue du coup suprême, soit après la Révocation, alors que les pasteurs exilés en appellent, les uns à l'opinion de l'Europe qu'ils espèrent intéresser en leur faveur, les autres, avec une opiniâtreté respectueuse et touchante, au maître rigoureux qui, mieux informé, pourrait revenir, pensent-ils, sur cette condamnation injuste 2.
1. « L'affaire est assurément très digne de la curiosité des honnêtes gens ; elle est importante ; il n'y va pas de moins que du salut ; il faut savoir quelle est la véritable religion ; et cela dépend assez de la question que l'on traite dans ce livre ; car tout le monde tombe d'accord de ce principe que la religion de J.-C. a de l'horreur pour l'effusion du sang et qu'elle est débonnaire comme Celui qui en est l'auteur. De sorte que l'on aura formé un très grand préjugé contre la religion de laquelle il demeurera prouvé qu'elle est sanguinaire, cruelle, et la cause des troubles. » Hist. du Calv. et du Papisme, Préface ; cf. t. I, p. 403; Esprit d'Arnaiild, t. II, p. 277 sqq. — Cf. réciproquement, sur les conséquences ces accusations de Jurieu contre le catholicisme, Arnauld, Apologie pour les catholiques, Part. I, chap. n, dans les Œuvres, t. xiv, p. 283, 290 sqq.
2. Moïse Amyraut, Apologie pour ceux de la Religion sur les sujets d'aversion que plusieurs peuvent avoir contre leur personne et leur religion (1647), p. 05 sqq., 68, 69, 72, 73, 75, 76. — Daillé, Réplique à Adam et à Cottiby (1662), p. 109 sqq. — Claude, Défense de la Réformation (1673), t. I, p. 314, 327 ; Considérations sur les Lettres circulaires de l'assemblée du Clergé, (1683), p. 7, 8, 22, etc.; Les Plaintes des Protestants cruellement opprimés dans le royaume de France (1686). — Jurieu , Politique du Clergé de France (1681), p. 173 sqq. ; Suite de la Politique du Clergé ou les derniers efforts de l'Innocence af/ligée (1682), t. II, p. 7-9, 26-58, 67-85; Histoire du Calvinisme et du Papisme tnis en parallèle (1683), Préface, t. I, p. 34, 83, 403-453, 480- 499, 50i-550, etc. ; Esprit de M. Arnauld (1684), t. II, p. 256; Réflexions sur la cruelle persécution (1685), p. 83; le Vrai système de l'Église (1686); Lettres pastorales (1686), t. I, 1. xvm, p. 435-437. — G. Flournois, Lettres sincères d'un gentilhomme français (1681-1682), 3 part.; t. I, p. 151-189, 221-247; Les Entretiens des Voyageurs sur la mer (1683), 2 vol.; t. I, p. 29, 30, 211 ; t. II, p. 10, 108, 251 sqq., 353. — Bayi.i:, Crit. gén. de l'Uist. du Calv. (du P. Maimbourg) (1682) ; Nouvelles Lettres de l'auteur de la Crit. générale, (1685). — J. Hou, Remarques sur l'Histoire du Calvinisme et du Papisme (du même), (1682), p. 28, 29, 30, 58, 93, 96, 118, 12i, 129, 135, 149 sqq., 203 sqq.; La Séduction éludée ou Lettres de M. l'Évêque de Meaux à un de ses dio-
Leur système de défense leur était tout tracé par les plus renommés historiens du seizième et du dix-septième siècles. Ils avaient à se prévaloir, soit des incertitudes de ceux qui, avec de Thou et Mézeray, n'avaient pas osé se prononcer sur le caractère des guerres civiles du seizième siècle ; soit des déclarations très nettes de Régnier de la Planche, de Théodore de Bèze, de Davila, touchant les causes exclusivement politiques de ces guerres1. Et ils pouvaient; à leur gré2, montrer la justice du. parti qu'ils avaient embrassé en se mêlant aux dissensions civiles, ou bien soutenir que leur religion n'avait pas été la cause et la raison finale de ces guerres
césains qui s'est sauvé de la persécution avec les réponses qui y ont été faites (1686), dans les Mémoires de Jean Rou, p. p. Waddington, t. I, p. 237. — Lettres curieuses touchant la religion (1682) , p. 23, 33 sqq. — Avis salutaire aux Églises réformées de France (1683), p. 79, 102 sqq., 154. — De Rocolle, Histoire véritable du Calvinisme (1683), p. 18 i sqq. — Fétizox, Apologie pour les Réformés où l'on voit la juste idée des guerres civiles de France et les vrais fondements de l'Êdit de Nantes (1683), p. 18-35, 39-126, 127-179 sqq. — De Vigne, Entretiens de Philalèthe et de Philerène, 2 part. (1684), t. Il, p. 302. — De la Tolérance des Religions (1684), p. 15, 34, 35, 38, 40, 66 sqq., 76, 77. — Cl. Brousson, État des Réformés en France , ou l'on fait voir que les Édits de Pacification sont irrévocables (1684), p. 2-6, 10-23, 2i, 28, 52, 54, etc. — Élie Merlat, Traité du pouvoir absolu des Souverains (1685), p. 12, 13, 15, 34, 35, 54-59, 92 sqq.; 246 sqq., 249 sqq., 255 sqq. — B. de Daillon, Examen de l'oppression des Réformés (1687), p. 7, 8, 27-42. — (Ch. Ancillon), L' Irrévocabilité de l'Êdit de Nantes, prouvée par les principes du droit ou de la politique (1688), p. 68 sqq.; p. 79 sqq., p. 88. — Gaultier de Saint-Blancard, Histoire apologétique ou Défense des Libertés des Églises réformées de France (1688), 3 vol. — La France intéressée a rétablir l'Êdit de Nantes (1690).— Élie Benoît, Histoire de l'Êdit de Nantes (1693-1695), 5 vol. in-4. — Cf. dans le Bull, de la Société du Prot. français, XVI, 1881, p. 3, 11, la réponse de L'Ormegrigny aux accusations de P. Ha y du Chastelet (v. plus haut, p. 356, n. 2); Bibl. de Rennes, Mss., n° 38, recueil de pièces dirigées contre le P. Maimbourg contenant une Apologie des guerres faussement attribuées aux religionnaires , f. 4 , 43 sqq., 96 sqq. ; et plus tard, Lenfant, Défense du Catéchisme de Heidelberg (Prem. édition, 1691; — éd. de 1723, p. 62 sqq.)