Hist. delà Rel. des Êr,l. Réf., t. I, p
5. Schmidt, t. II, p. 31, 32, 33, 35. Seuls, les dualistes de l'école dite de Concorezo attribuent au Christ une nature franchement divine. Id., ibid., p. 73. — Les dualistes mitigés font de Jésus le fils cadet de Dieu, le frère de Satanael (Schmidt, ibid., p. 59-CO). — Du reste le dokëlisme, ou théorie du corps apparent de Jésus-Christ, paraît avoir été commun à toutes les fractions de la secte.
quent, permis à Bossuet de ne pas s'étonner qu'on ait parfois désigné les Albigeois sons le nom d'Ariens*. Et l'historien des Variations ne fait aucun tort ;l ce Pierre Moran, dont Basnage prend la défense2, en le soupçonnant, puisqu'il était accusé d'arianisme, d'avoir été un des « nouveaux Manichéens » du Midi3.
Sans doute aussi les Manichéens anciens et modernes reconnaissaient le Saint-Esprit, et Basnage peut eu inférer superficiellement qu'ils ne rejetaient pas la Trinité 4; mais la vérité est qu'ils n'entendaient par leur Saint- Esprit que la personne d'un ange supérieur à tous les autres8. Bossuet est donc fondé à supposer qu'il s'agit bien des Cathares dualistes dans les auteurs du Moyen âge, lorsqu'il y est parlé d'Antitrinitaires 6.
« Ils ne niaient point non plus la Création », dit Basnage7 : ce qui est vrai en ce sens que le Dualisme, même sous sa forme la plus complète, admettait un monde pur et céleste, œuvre spéciale et invisible du Dieu bon. Mais il est vrai aussi que, comme les Manichéens anciens, les Cathares ne croyaient pas que le Dieu bon fût pour rien dans la formation ni dans l'entretien de tout l'univers sensible et corporel8.
Il est encore exact par un certain côté que , comme le soutient Basnage, ils ne rejetaient pas à proprement parler l'Eucharistie 9, puisqu'ils avaient une sorte de
1. Bossuet signale (1. XI, n° li), d'après Pierre de Vaucernay, comme étant « à peu près du même génie que les autres rêveries des Manichéens », la théorie des « deux Jésus, dont l'un est né dans une visible et terrestre Bethléem, et l'autre dans la Bethléem céleste et invisible. » Cf. Schmidt, t. Il, p. 35-39.