Voy. ci-dessus, p
donné du tout dans les inventions dualistes : les Vaudois. Or, ces Vaudois, Bossuet les distingue des Albigeois. Il a tort. Il faut les confondre avec eux. « Ce n'était qu'une même secte, uuie par la même religion, par les mêmes intérêts et dans le même lieu1. » Donc tout ce que dit Bossuet pour décharger les Vaudois de l'accusation de « manichéisme » doit s'étendre et s'appliquer aux Albigeois. Rien de ce qu'il dit pour convaincre certains hérétiques de ce temps d'avoir été quasi manichéens n'intéresse les Albigeois et ne retombe sur eux, pas plus que sur les Vaudois. — C'est dans cette chicane dernière que Basnage et Allix se retranchent fortement.
Querelle de définition et de mots, on le voit ; et querelle alors insoluble 2. Bossuet avait bien essayé par avance de pourvoir à cette objection en essayant d'établir que la secte des hérétiques , qui plus tard furent appelés Albigeois, était de beaucoup antérieure, même dans l'Europe occidentale, à Pierre de Waldo; que les hérétiques brûlés à Orléans sous le roi Robert, les hérétiques découverts autour de Cologne par Evervin et par Eckbert, enfin Pierre de Bruis et Henri étaient déjà des Cathares identiques aux sectaires toulousains 3. Toutefois, sur tous ces points , faute de documents nombreux et sûrs , ses assertions ne s'imposaient pas avec une évidence invincible *.
Mais même en laissant de côté cette question obscure des origines de la secte néo-manichéenne, il est aisé de voir que l'hypothèse de Bossuet, reconnaissant ces néomanichéens dans les Albigeois, était dès lors plus plausible que l'hypothèse contraire de ses critiques.