‹ Bossuet, historien du protestantismeChapitre 22 sur 327 · Jurieu, Vrai système de l'Église, p · texte numérisé non relu

Jurieu, Vrai système de l'Église, p

2. Voir la controverse de Bossuet avec P. Ferry (Œuvres, édit. Lâchât, XIII, p. 455 sqq.) Bossuet soutenait que les protestants s'étaient volontairement jetés dans le schisme; Flrby (ibid., p. 457-158) déclarait au contraire qu'ils ont été plutôt chassés qu'ils ne sont sortis. Claude, dans la Conférence, le répète plus nettement : « Nous ne sommes pas sortis, on nous a chassés. » (Bossuet, Œuvres, XIII, 553). Cf., du même, la Défense de la Réformation, et le très curieux livre d'ÉuE Merlat, Traité du pouvoir absolu des souverains, 1685, p. 208.

3. P. Ferry, Catéchisme général de la Réformation (1654). — Cf. Thirion-, Le Protestantisme à Metz, p. 235. — Voir cependant les réserves de P. Ferry dans une lettre ù Th. Maimbourg, du 18 sept. 1666.

4. Ca.mero.x, Traité des préjugés de ceux de l'Église romaine, 1618, p. 223. Il soutient du reste, immédiatement après, que cette vérité qui est encore dans l'Église romaine, n'y étant pas pure « ni séparée de la paille et du chaume » ou même « du venin ou du poison », ce n'était point un schisme de s'en séparer. — Cf. sur cette distinction, Bayle, Noav. Lettr. crit., XI, VIII. — Cameron, selon Dumoulin (De Amyraldi libro), cité par Bayle, Dict. crit., art. Camero.x, rem. H, « croyait que saint Pierre était le fondement de l'Église et ne pouvait souffrir ceux qui soutenaient qu'on ne peut se sauver dans sa communion. » — Cf. art. de Cn. Read (Encyclopédie Lichtenberger). — Sur les importantes concessions de Jurieu sur ce point, v. les Préjugés légitimes, de Nicole (1671) ; le Sijst. de l'Église, de Jurieu (1686), p. 227-228, 237 ; Bayle, Dict., art. Nicole, Rem. D : « Les principes de [Jurieu] nous conduisent nécessairement à croire que l'Église romaine a toujours appartenu à la vraie église » ; — Bossuet, H. des Var., XIV, exu; IIIe Avertissement, XIII-XVI. — Eu 1707, les docteurs luthériens d'Helmstadt, s'inspirant des idées de Georges Calixte, décident que le salut est possible même dans l'état présent de la religion catholique. — Cf. les opinions, sur ce point, des anglicans de l'Église établie, d'après l'analyse d'un livre de Wake, dans la Bibliothèque universelle et historique, 1688, p. 495.

jours à maintenir la vieille doctrine de la clarté parfaite de l'Ecriture et de sa suffisance à éclairer toutes les consciences et à terminer tous les débats ; on soutenait encore que, lorsque les ministres interprétaient l'Ecriture, ce n'était pas « par un jugement d'autorité, » mais, comme le dit Dumoulin, « par un jugement de discrétion, comme quand on juge du goût des viandes » ; non « pour donner des lois, mais pour dire leur avis1 » ; on se flattait de n'accorder aux assemblées ecclésiastiques discutant sur les points de foi que la qualité d' « arbitres » et de « témoins 2 ». Mais la pratique était bien différente et les synodes, dans leur façon d'agir, témoignaient bien qu'ils étaient fort éloignés de cette réserve tolérante et libérale. Ils s'attribuaient franchement — on le vit bien aux synodes de Dordreclit et d'Amsterdam 3 — la décision des points de foi, le jugement irrévocable des controverses, l'interprétation infaillible 4 de l'Ecriture. Les. arrêts, sans appel, du Synode national, réclamaient une obéissance absolue. L'excommunication , la surveillance étroite et jalouse des écrits, des paroles, des opinions même, étaient en usage parmi les calvinistes tout comme dans l'Eglise romaine5. Et tous les protestants français,

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