Cf. plus haut, p
•i. Cf. Tholuck, das kirchliche Leben des siebzehnle?i Jahrliunderls , I Abth.,p. 40 sqq.;der Geist der luther. Theologen Wittenbergs, passim. .
n'étaient guère fiers de voir leur fondateur se résigner joyeusement à son inconstance et confesser avec ingénuité ses erreurs et ses progrès *. Ils auraient certes bien mieux aimé qu'il eût conçu dès l'abord et exprimé une fois pour toutes, sans ces palinodies plus humiliantes qu'édifiantes, un Credo définitif.
Lorsque Bossu et est si fort choqué de voir que Luther ne rougit pas d'avoir varié parfois dans son enseignement et dans sa croyance, ce n'est pas un étonnement de catholique; c'est l'étonnement de tout chrétien de ce temps.
J'en dirai autant du sentiment qu'il éprouve et qu'il exprime au spectacle des trivialités de Luther.
Bossuet reproche avec vivacité, on le sait, au réformateur allemand le défaut de dignité et l'inconvenance qui éclatent dans sa conduite et dans son langage 2. Son esprit n'était souvent qu'une « bouffonnerie aussi plate que scandaleuse. » Les paroles « brutales », les « froides équivoques, » les basses plaisanteries, les « saletés, » et « je dis même des plus grossières, et de celles qu'on n'oit sortir que de la bouche des plus vils artisans, » souillent trop fréquemment ses ouvrages. C'est un homme « vulgaire3 ». Sa « contenance » accoutumée est aussi peu décente que sa polémique. C'est à table qu'il traite et décide les plus grandes choses ; une des controverses importantes de la fin de sa vie prit naissance « dans la chaleur d'un festin » ; un des plus grands événements de la Réforme fut perpétré par lui dans une auberge, comme
1. Sur les opinions de Luther touchant l'Eucharistie, voir les discussions de Pfaff, Animcujiversiones, p. 3, 4, G, 7, contre Basnage.
'.?. L. I, n» xxxni; 1. II, n°s ix, xi, xm, xiv ; 1. V, n» xiii, sur les « plates bouffonneries » de Luther; 1. VI, n° xn ; 1. VIII, n° xi. Bossuet recueille, par exemple, dans le traité Adversus Papati/m de 1515 les plaisanteries contre le Pape :« Le Pape est si plein de diables qu'il en mouche, qu'il en crache... Mou petit Paul, mon petit Pape, mon petit ànon, allez doucement; il fait glacé; vous vous rompriez une jambe; vous vous gâteriez, et on. dirait : Que diable est ceci? comme le petit papelin s'est gâté! »