Cf. plus haut, p
2. Bossuet (Déf. des Var., n° xxix) ne peut naturellement prouver à Basnage qne l'interprétation qu'il lui a opposée n'est pas la bonne, et il en est réduit à en « appeler à la conscience des sages lecteurs. »
3. Bibl. Nat., Mss. fr., n° 1395i, Syn. nat. de Lyon, art. 48 : « Un abbé venu à la connaissance de l'Évangile, ayant abattu l'idolâtrie, brûlé ses titres, pourvu à ses moines, sans qu'il ait permis que depuis six ans se soit chanté messe en l'abbaye, ni fait autre exercice de service papistique, ains s'est toujours porté fidèlement, et a porté les armes pour maintenir l'Evangile : à savoir s'il doit être reçu à la Cène. Réponse que oui. » Parmi toutes les circonstances du passé de cet abbé, il fallait bien qu'il y en eût une qui ne parût pas irréprochable aux Protestants de ce temps, puisque la question se posait s'il devait être admis à la Cène. Cette circonstance douteuse, ce grief possible est évidemment le fait d'avoir « porté les armes. » — La rédaction ci-dessus est, avec des variantes insignifiantes, celle de tous les mss., à l'exception du ms. (attribué à Paul Ferry) que conserve la Bibliothèque de la Société du Protestantisjne (Mss., n° xxm). Dans ce ms., le texte de cet article serait plus favorable à l'interprétation de Bossu.H : « Ains s'est toujours porté fidèlement, et même [a] porté les armes pour l'Évangile et le service du Roi ; ne doit pas être rejeté de la Cène. » Mais ce texte est probablement une copie altérée. Car tel qu'il est, on se demande pourquoi l'admission de l'abbé à la Cène ferait le moindre doute, puisqu'au point de vue protestant, il n'a fait que du bien. — Le texte que donne Aymon (Syn. nat., t. I, p. 45), visiblement rajeuni du reste, prête à la même objection.
à la table sainte. Et en admettant même la signification différente que Bossuet attribue à ce texte, quelle conclusion fallait-il en tirer, en fin de compte, à l'appui de sa thèse ? Celle-ci tout au plus, que la participation à la guerre intérieure n'avait pas semblé aux docteurs du Protestantisme un crime irrémissible, et de nature à faire retrancher le coupable, quand il s'était par ailleurs « fidèlement comporté, » de la communion des vrais fidèles. En tout cas, ce que Basnage pouvait h juste titre maintenir, c'était que ni l'un ni l'autre des deux textes du Synode général de 1563 n'a une aussi grosse portée qu'il plaît à Bossuet de l'affirmer. Ni l'un ni l'autre n'implique que de l'aveu de la plus haute autorité religieuse que le Protestantisme reconnût, l'adhésion active à la guerre religieuse fût, — comme Bossuet le prétend, — un mérite singulier et un titre d'honneur. Il parait raisonnable et suffisant de soutenir tout simplement avec Basnage qu'il ne s'agit pas ici d'une « résolution », d'une « maxime » d'un caractère général1, mais seulement du règlement de deux cas ■particuliers , de deux questions de personnes. C'est en forcer le sens et en outrer la portée que d'y voir, comme fait Bossuet, deux « décrets » dogmatiques faisant loi en la matière, donnant pour l'avenir une règle ferme et précise à la conduite des particuliers, tranchant enfin, d'une manière définitive, la question du devoir des fidèles en temps de persécution.
Restaient les synodes provinciaux. C'est là, — avait dit Bossuet lui-même dans Y Histoire des Variations % — que les « décisions expresses » sur le droit de résistance furent faites , pour la plupart. Pourquoi dans Y Histoire des Variations n'avait-il pas cité de textes de ce genre ? C'était, dit-il, « pour n'avoir pas besoin de les y aller rechercher. » Et de fait, aujourd'hui même on ne connaît qu'un petit nombre d'actes de Synodes provinciaux. Les