‹ Bossuet, historien du protestantismeChapitre 270 sur 327 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

et désavoué du parti '. Par conséquent, la décision du Synode provincial de Saintes est un cas tout à fait unique et extraordinaire.

En tout cas, nous sommes bien loin ici de ces décrets de trente synodes que Bossuet se faisait fort de montrer 2. Quand, pour justifier les guerres civiles du seizième siècle, Basnage et Jurieu mettaient toujours en avant les lettres fameuses de Catherine à Condé : « Quelle misérable défaite, » s'écriait avec dédain Bossuet, « qui, dans la vaste étendue qu'ont occupée ces guerres civiles ne trouve à justifier qu'une seule année ! 3 » L'objection vaut contre lui. Ce n'est pas un fondement solide pour la très grave accusation qu'il porte contre la Réforme française, qu'un seul fait indubitablement exact, qu'une seule exception authentique, isolée en un si long laps de temps.

Et voilà aussi un second exemple, analogue, du reste, au premier4, du genre de fautes que l'auteur des Variations a pu parfois commettre. Si quelques-unes de ses conclusions sont contestables, la faute n'en est pas à ce qu'on peut appeler l'incurie de l'historien. Si Bossuet se trompe, ce n'est pas pour avoir passé, sans les voir, à côté de textes importants ou pour avoir tenu trop peu de compte de ceux qu'il connaissait; ce n'est pas par manque de soin, de clairvoyance ou de critique, par faiblesse ou vice de raisonnement; — c'est, au contraire, par une sorte d'excès des bonnes qualités opposées à ces défauts. Dans la poursuite ardente de la vérité entrevue, une sorte

1. L'opposilirm aux idées de l'auteur des Vindiciae contra lyrannos est brillamment représentée, en ces temps-là, par La Noue (cf. H. Baudrillart, Jean Bodin,p. 102 sqq.) et par Michel Hurault du Fay, dont l'Excellent et libre discours sur l'état -présent de la France, parut en 1588, huit ou neuf ans après les Vindiciae. Cf. H. Chevreul, Hubert Languet, p. 174-176.

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