‹ Bossuet, historien du protestantismeChapitre 272 sur 327 · Cf. plus haut, p. 477-4é · texte numérisé non relu

Cf. plus haut, p. 477-4é

d'entraînement involontaire et de « vitesse acquise » attire parfois le chercheur au-delà des textes qui doivent assurer ses pas et diriger sa marche, mais aussi la limiter et rompre son élan, fût-ce d'an arrêt subit et brusque, là où ils s'interrompent ou cessent d'être solides. Bossuet parfois l'oublie et se laisse aller à induire trop de conséquences, ou des conséquences trop considérables, de faits trop peu probants ou trop peu nombreux. Habitué comme il Test à considérer attentivement les documents, à les fouiller jusqu'en leur fond, à en presser le sens, il y voit par instants plus de choses qu'ils ne contiennent et veut, si je puis dire, leur faire rendre trop.

Mais les cas sont rares où ces déviations de méthode et cette sorte d'outrance dans l'investigation éloignent ainsi Bossuet de la certitude. On n'en trouverait guère, parmi tous les développements de pure histoire contenus dans son ouvrage, d'autres exemples que ceux que je viens d'analyser; on n'en trouverait certainement pas de plus graves.

Et précisément parce que ces erreurs viennent de n'avoir pas su s'arrêter à temps dans l'hypothèse permise, elles ne vicient qu'une partie circonscrite et, pour ainsi dire, le prolongement des conclusions de Bossuet; elles n'entament pas l'ensemble de ses théories ; elles ne faussent pas ses vues principales et de point de départ. C'est ainsi que, sur le caractère foncièrement « religieux » des guerres civiles du seizième siècle en France, et sur le caractère essentiellement « protestant » des troubles du règne de François II et de la minorité de Charles IX, la thèse générale de Bossuet demeure inattaquable \ S'il

1. Voy. le résumé de cette thèse, plus haut, p. 252-257. — Bossuet signale lui-même la solidité de sa démonstration dans le Cinquième Avertissement, n°» v, îx, xxi, xxxiv.

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