CHAPITRE QUATRIÈME
fortune qu'une histoire n'a jamais eue et n'aura jamais. Sur toutes ces matières, de môme que sur celles où notre vérification vient de s'appliquer, quelques inexactitudes de détail sont à relever, comme aussi quelques exagérations de raisonnement. Les critiques modernes pourraient peut-être trouver, par exemple, que tout en apercevant très distinctement et en décrivant avec un singulier réalisme le caractère avant tout politique et séculier de la Réformation de l'Angleterre accomplie par Henri VIII, Edouard VI et Elisabeth, Bossuet laisse un peu trop complètement dans l'ombre les éléments de sincérité religieuse et de spontanéité populaire, qui bien qu'à faible dose encore dans cette période, ont pu se mêler cependant à cette œuvre temporelle. Et, d'autre part, Basnage, avec sa clairvoyance menue, reproche ajuste titre à Bossuet une erreur sur la date où le Conseil de Genève connut de l'affaire de Caméron1, et il a le droit, si l'on veut, de le gourmander violemment d'avoir mis la ville d'Herborne dans les Provinces Unies « quand les enfants savent qu'elle se trouve dans le comté de Nassau2. »
Mais ni des erreurs de fait, peu nombreuses, et on le voit, insignifiantes; ni des jugements un peu exclusifs, mais rares et, après tout, encore aujourd'hui défendables,