‹ Bossuet, historien du protestantismeChapitre 30 sur 327 · Cf. Le Dieu, Mém., p. 16i · texte numérisé non relu

Cf. Le Dieu, Mém., p. 16i

4. C'est ce que croit Floquet, Eludes sur lu vie de Bossue/, t. III, p. 55 sq. — Voyez des traces de cette préoccupation de Bossuet dans le sermon sur les devoirs des rois, 166'?.

de Sorbonne, dû « conseil » spécial établi pour travailler à la Réunion '.

Bossuet nous apparaît donc, dès avant 1670, comme un des chargés d'affaires religieuses, un des agents ecclésiastiques du gouvernement de Louis XIV.

C'est, de plus, en qualité de collaborateur et d'auxiliaire des jansénistes que Bossuet entre en 1670 dans la controverse. Il ne faut pas oublier, en effet, que Tannée 1009 marque pour le Jansénisme son moment le plus glorieux. Fiers d'une paix honorable, qui ne leur demandait que le silence et d'épargner leurs adversaires ; soutenus à Paris et dans les provinces par une notable partie du clergé régulier ou séculier 2 ; goûtés des honnêtes gens pour cette solidité, « ce tour d'esprit mâle, vigoureux, animé, qui faisait le caractère de leurs livres et de leurs entretiens ; » admirés, révérés , même de la foule, pour leurs vertus, et plus encore peut-être à cause de leur indépendance obstinée. — les hommes de Port-Royal rentraient dans l'Eglise en vainqueurs et s'y rétablissaient en chefs. Lorsque le gouvernement relâcha ceux d'entre eux qui étaient prisonniers à la Bastille, lorsqu'on fit revenir les religieuses exilées et qu'Arnauld sortit de sa retraite, ce fut, après le martyre, un éclatant et solennel triomphe. Arnauld fut présenté au roi, accueilli du Xonce, comme un Père de l'Eglise3, et pour les remercier, en quelque sorte, d'une façon digne de lui, il s'engagea dès lors à faire rentrer dans l'armée régulière cette redoutable troupe de partisans qu'il avait dans sa main, et il promit pour sa part de tourner contre les calvinistes l'ardeur belliqueuse qui, depuis vingt ans, agitait l'Eglise et la France, en inquiétant le pouvoir.

Bossuet céda-t-il à l'ascendant spirituel qu'exerçait .dors cet illustre groupe de prêtres et de docteurs, jusqu'au

1. Floquet qui l'affirme, ibid., III. p. 'ni, n'en donne cependant pas >\e preuves.

2. Lettre de M™0 de Longueville, dans Sainte-Bebvb, Port-Royal, IV, 368.

3. Voltaire, Siècle de Louis XIV, Hi.-xxxyii ; Sainte-Beuve, ibid., IV. 391, 394-397.

point d'approuver sans restriction leurs doctrines, et de condamner nettement l'opposition qu'ils rencontraient dans l'Eglise ? Fut-il, au moins à un certain moment de sa vie, avec les hommes de Port-Royal, en complète communion d'idées ? Ce n'est pas ici le lieu de l'examiner à nouveau. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il fut leur ami l, et que, pour rester dans l'ordre de faits qui nous occupe, il vint, en 1669, se placer, sinon à la suite, du moins aux côtés d'Arnauld et de Nicole, lorsqu'ils promirent de ne plus guerroyer désormais que contre le protestantisme 2.

Dès 1669, les rapports de Bossuet avec ÎSicole paraissent régulièrement établis. Bossuet reçoit communication du manuscrit de la Perpétuité, et c'est volontairement, sans en être chargé d'une façon officielle, qu'il donne son approbation publique au premier tome3. En 1670, pendant que l'ouvrage se continue, Bossuet et Arnauld, sur l'ordre du roi, en confèrent ensemble4.

Dès lors, ce sont, comme on l'a dit avec raison5, de

i. Je crois ce poiut surabondamment démontré par les textes contemporains et par les historiens modernes, soit qu'ils aient loué, soit qu'ils aient blâmé Bossuet de ces attaches. — Cf. Le Dieu, Mém., p. 9i, 123, 124 ; .Journal, I, 338, 389, 392. — Basnage, Hist. de la Religion des églises réformées, t. II, p. 594; Hist. de l'Église, t. II, pp. 1483 sqq., 1525 sqq. — Jurieu, Du vrai système de l'Église, 1686, p. 267. — Fénelon, Œuvres, édit. de 1850, t. VII, p. 224-225. — Floquet, t. II, pp. 351-357, 362 sqq. — Gazier, Revue politique et littér., t. XV, 1875, p. 1183, sq., où il résulte de plusieurs textes probants que Bossuet était considéré comme un « soutien » et un « protecteur du jansénisme. » — Lenient, même revue, t. IX et X. — Réau.me, Hist. de Rossuet, II, 20, 45, 49 sq., 55, 57, 59, 128, 314, 345, 351, 363, 367, 373 ; III, 384 sq., 475 sq., 477, 479, 480.

2. Bossuet, dans l'approbation du t. I de la Perpétuité, témoigne de son impression sur l'importance de l'œuvre. Ce livre, dit-il, en sus de ses autres très grands mérites « a donné des principes par lesquels on peut composer tout un corps de controverse. » Cf. Le Dieu, Mém., I, p. 123.

3. En termes particulièrement flatteurs pour l'auteur, eu égard à la situation des Jansénistes dans l'Église : « Ce qui me touche le plus dans tout (cet) ouvrage, c'est que (l'auteur) a répandu et appuyé partout les saintes et inébranlables maximes qui attachent les enfants de Dieu à l'autorité sacrée de l'Église.» Cf. Floquet, III, p. 277-278.

4. Le Dieu, Mém., p. 123-124. 11 s'occupe, à partir de 1671, avec Arnauld, Nicole, Lemaistre, de Saci et La Lanne, de la révision du N. T. de Mons. Floquet, t. III, pp. 280-288. — Cf. plus loin, chap. u.

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