‹ Bossuet, historien du protestantismeChapitre 309 sur 327 · Cf. plus haut, p · texte numérisé non relu

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étaient menacés ne servirait tout au plus « qu'à former un préjugé spécieux contre leur séparation d'avec l'Eglise romaine » ; — ils ne s'attendaient point que l'on en prétendît faire « une preuve invincible sous le poids de laquelle la Réformation demeurerait accablée1. » Mais quand on vit Bossuet établir, par un faisceau imposant de preuves au moins très spécieuses et bien choisies 2, que, dès le premier jour de la Réforme, le changement était devenu son état habituel et chronique ; que ses docteurs n'étaient presque jamais arrivés à s'accorder entièrement, ni les uns avec les autres, ni souvent avec eux-mêmes ; que les Confessions de foi les plus solennelles avaient été ou changées ou délaissées ; que la Réforme à peine née avait commencé de se morceler, et qu'elle se morcelait encore, comme par un vice essentiel de sa constitution, en sectes parfois irréconciliables ; qu'enfin l'on y sentait partout « une religion bâtie sur le sable3 », dénuée de cette stabilité de doctrine par laquelle la « vérité de Dieu » devait, disait-on, se reconnaître sur la terre, déshéritée de cette identité de foi où le chrétien du dix-septième siècle voyait le garant de l'excellence de sa certitude et le gage de sa sécurité spirituelle ; — quand on découvrit toutes ces fâcheuses conséquences que Bossuet, fortement appuyé sur l'histoire, avait tirées de l'axiome fondamental de son ouvrage, ce fut alors qu'on se décida, — par provision, pour ainsi dire, et faute de mieux, — à nier cet axiome. Bossuet a raison de le dire4 : c'est Y Histoire des

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