‹ Bossuet, historien du protestantismeChapitre 35 sur 327 · La Bastide, p. 12, 22, 24, 85, 168, et p · texte numérisé non relu

La Bastide, p. 12, 22, 24, 85, 168, et p

4. Lettre à Bossuet, 12 juillet 1694 (Foucher de Careil, t. II, p. 65). — Cf. lettre de Mmc de Sévig.n'é, 13 sept. 1671; Gibbon, Memoirs of my Life, t. I, p. 44; — et V Avertissement de l'Exposition, éd. Lâchât, t. XIII, p. 24-26.

5. Bossuet avait préparé une réponse aux attaques dont son Exposition avait été l'objet. Cette réponse, dans sa pensée, devait s'adresser aux luthériens aussi bien qu'aux calvinistes, et ce devait être non seulement une Exposition, mais une preuve de toute la religion catholique. Il ne reste de cet ouvrage ébauché que cinq fragments. (Cf. Le Dieu, Journal, 16 nov. 1706. — Floquet, Bossuet précepteur, p. 321 sqq., et tes éditions). — Il convient de rattacher à VExposition le Catéchisme du diocèse de Meaux, composé dans le même esprit (1687, 1691, 1701) ; notons aussi la Lettre pastorale de Bossuet aux nouveaux catholiques de sort diocèse, pour les exhorter à faire leurs Pâques et leur donner les avertisse7nents nécessaires contre les fausses Lettres pastorales des >ninistres, 1686.

6. Cf. la Réponse de Claude, 1683; les Réflexions de Bossuet sur un écrit de Claude (édit. Lâchât, t. XIII); Bayle, Noïiv. Lett. crit. sur l'Hist. du Calvin., III, vi ; Gachom, Bossuet et Claude, dans la Vie chrétienne, 1887.

nous l'avons vu, se plaisaient à déclarer qu'on pouvait trouver le dénouement court de toutes les controverses, et dont les protestants, tout en la traitant d'insignifiante et sophistique chicane, sentaient non moins profondément l'importance. Déjà, dans Y Exposition, Bossuet avait commencé de mettre en lumière l'impuissance où se trouvait, selon lui, le protestantisme à concilier, dans la théorie et plus encore dans la pratique, l'autorité et le libre examen. Dans la Conférence avec Claude, il veut traiter tout au long et « sans y rien laisser d'obscur », une matière qui, à son avis, doit « faire catholiques tous ceux qui la sauront bien entendre '. » Et lorsqu'il l'aborde à son tour, après Maimbourg- et Nicole, après d'Huisseau, de Larroque et Jurieu 2, il commence par limiter le problème. « Il ne s'agit pas directement d'établir l'Eglise romaine, mais de montrer seulement qu'il y a une vraie Eglise, quelle qu'elle soit, à laquelle il faut se soumettre, sans examiner après elle. » Et il réduit le tout de la dispute à éclaircir les points suivants : « Est-il possible au protestantisme de conserver le droit et le devoir du libre examen, s'il veut, comme il le prétend, garder le principe de l'autorité? Le libre examen ne mène-t-il pas nécessairement, en pratique, aux excès de l'orgueil individuel et aux aberrations du « sens propre » ; en théorie, à Y indépendantisme et à la tolérance universelle? Peut-on espérer, sans une autorité, de sauvegarder, non pas seulement le bon ordre de la société ecclésiastique, mais les fondements môme de la foi chrétienne dans ce qu'elle a de surnaturel? » Et par une argumentation très subtile, où Bossuet, pressé et poussé par son adversaire, pousse lui-même à bout sa propre doctrine, il essaie d'établir que la foi du chrétien en la divinité de Jésus-Christ et de l'Ecriture ne saurait reposer sur l'adhésion et le libre choix de la raison ; qu'il est impossible de permettre qu'on doute de l'Eglise et de Jésus-Christ sans légitimer aussi cette « suspension d'es-

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