Huetiana, p
2. Sur L'Etinlc des Langues, voy. La Bruyère (édit. Servois, t. Il, p. 202); — Huet, Mémoires, édit. Nisard, p. Ici.
3. Mabillon, Traité des ntudes monastiques, part. Il, ch. xm, \>. '.\\. — Cf. Vigneul-Marville, Mélanges, I, 132; Baillet, Jugements des Savants, II, p. 2G5, 448, et pâssim; Bu'et, Mémoires, éd. Nisard, p. 100; Dictionnaire de Trévoux, aux articles Critique et Érudit. — Le mot d'Erudit semble être né vers la lin du dix-septième siècle; voyez le dictionnaire de Littré.
4. Spanheim, Relation de la Cour de France , édit. Scuefer, p. L35, L36, 257 sqq.
C'est un érudit complet — archéologue et philologue tout ensemble — que le duc de Montausier \ gouverneur du Dauphin ; un érudit si convaincu môme et si zélé que. sans Bossuet, il eût exécuté, avec le savant Huet2 pour complice, le rêve absurde de plonger à fond l'héritier du trône dans tous les problèmes alors débattus de la géographie ancienne et de l'étymologie française3. Quand Malebranche et La Bruyère prennent si vivement à partie les historiens, les « savants de mémoire, » les critiques pointilleux, les amateurs de vieilleries de toute sorte 4, ce n'est pas à des ridicules imaginaires qu'ils s'attaquent. Leur insistance s'explique par la vogue de l'érudition au moment où ils écrivent, entre 1670 et 1690, et par ce fait qu'ils voyaient autour d'eux la curiosité scientifique se tourner trop souvent en manie chez les gens du monde et les demi-savants, devenus ses indiscrets et compromettants prosélytes3.
Lors donc que Bossuet, devenu collègue du duc de Montausier, s'établit pour dix ans à la cour, les goûts régnants du public cultivé, loin de décourager un nouveau venu des études érudites, étaient au contraire de nature à l'attirer encore davantage, s'il en était besoin, vers l'histoire et les sciences qui s'y rattachent.
Que si, de plus, profitant des renseignements amassés
1. Vigneul-Marville, Mélanges, I, 128; Am. Roux, Montausier, sa vie et son temps. — C'est à l'historien Adrien de Valois que Montausier songea d'abord pour la place de sous-précepteur du Dauphin.
2. Sur les mérites cÏ'Huet, v. Baillet, Jugements des Savants, II, p. 263; R. Simon, Lettres choisies, 1. 1, p. 57-58; lettre de Leibniz à Nicaise (Fragments philos, de Cousin, t. II, p. 267). Huet exprime fortement la protestation des érudits coutre les dédains transcendants des philosophes cartésiens : cf. Huetiana. p. 180 ; Bouillier, Hist. de la philosophie cartésienne, I, p. 582 sqq.