Part. II, ch. xxxiv
2. Part. II, ch. n, iv (cf. avec le Traité de la Communion sous les Deux Espèces, ch. vu); ch. v.
3. Part. II, ch. xix, sur la date de la Vie de saint Basile, attribuée à Amphilochius. « S'il faut ici conjecturer, cette vie ressent tout à fait le siècle même de saint Basile, ou, au plus tard, le suivant, à cause principalement d'une certaine apathie, impassibilité ou imperturbabilité plus stoïcienne que chrétienne, qu'on y trouve mentionnée; dogme introduit en ce temps parmi les solitaires d'Orient par Evagrius, et dont on n'entend plus parler dans la suite, surtout depuis que cet Evagrius eut été condamné, au cinquième siècle, avec son maître Origène, etc. >' — Ch. xxxi : « M. de Larroque me demande sur la foi de qui je le place (Jobius) au cinquième ou sixième siècle. C'est sur la foi du livre même, où l'on attaque souvent les Sévériens, hérétiques de ce temps-là, sans qu'on y parle des hérétiques de l'âge suivant, encore qu'à ne regarder que le dessein de l'auteur, il y eût autant de lieu de les attaquer que les autres. » Cf. ch, xxvi, xxxvni, etc.
voie le soin que je prends dans les moindres choses, de lui donner tout bien digéré et poussé1 jusqu'au dernier éclaircissement1. » Sans doute ht belle ordonnance de l'ouvrage, la concision, l'élégance, tout ce qui plairait à un Bouhours,tout cela souffrira peut-être de cette accumulation de détails. Tant pis ; ce maître dans l'art de parler et d'écrire met ici derrière lui tout amour-propre littéraire : « Je ne veux rien oublier, dusse- je devenir ennuyeux. » Et bientôt, nul n'exprimera mieux que lui, l'importance en histoire des plus petites observations : « On voit encore dans les anciennes églises, comme celle de Saint-Maur des Fossés, l'Eucharistie suspendue sur l'autel dans une colombe. Qu'on ne méprise pas ces petites choses qui sont autant de preuves muettes de la tradition. Tout parle dans l'Eglise, tout y sert à en expliquer les canons, à éclaircir les antiquités2. » « Il ne faut pas plaindre ses peines3 » ou plutôt, s'il y a de la peine, on en est payé par un réel plaisir, dont Bossuet commence à goûter la solide saveur : « Eclaircir ces antiquités n'est pas moins utile qu'agréable4. »
Au surplus, le plaisir élevé de la vérité conquise n'est pas la seule récompense d'une exactitude entière ; il y en a une autre — moins désintéressée, il est vrai, et moins charitable, — mais non moins sensible : celle de démasquer l'erreur d'autrui. Formé par cette gymnastique profitable que les chicanes de ses adversaires lui ont imposée, Bossuet envient à prendre l'offensive à son tour. C'est ainsi qu'il s'amuse assez malignement à découvrir les artifices d'un érudit en pénurie de textes. « Comme M. de Larroque, durant neuf cents ans, n'a qu'un témoignage en sa faveur, il le fait passer par trois fois devant nos yeux, comme ces rusés capitaines qui, pour effrayer l'ennemi par l'idée d'une nombreuse armée, font faire de grands