‹ Bossuet, historien du protestantismeChapitre 96 sur 327 · Livre VII en entier; livre X, chap. i-xxni · texte numérisé non relu

Livre VII en entier; livre X, chap. i-xxni

Thistoire religieuse de l'Angleterre depuis Henri VIII, l'absence de tous autres documents que ceux que Bossuet tire de l'ouvrage de Gilbert Burnet.

L'Histoire de la Ré formation anglicane de cet auteur avait, il est vrai, l'avantage d'offrir à Bossuet une assez grande quantité, — tout un volume, — de pièces justificatives, dont Bossuet, comme nous le verrons, sut tirer bon parti. Mais, dans des questions aussi controversées que celle de la révolution religieuse de l'Angleterre, fallait-il se réduire à une source unique d'informations ? Je sais bien que Bossuet déclare très haut qu'il ne veut à dessein que Burnet, qu'il lui plait de s'en tenir à un seul historien protestant afin de démontrer aux Anglais réformés, d'une façon d'autant plus éclatante, à quel point leur cause est mal défendable1. Mais sa propre correspondance vient ici le démentir et atténuer singulièrement l'audace de cette générosité. Quelques lettres de 1687 nous révèlent que Bossuet n'avait pas eu d'abord l'intention d'être si beau joueur et que, sagement, il avait commencé par se mettre en quête de documents authentiques et nouveaux sur l'établissement de la Réformation en Angleterre : lord Perth, à qui il s'était adressé, n'avait rien pu lui fournir.

En tout cas, à défaut de pièces originales, officielles, inédites, restaient les livres de seconde main que des Anglais avaient composés sur la matière, depuis les Chroniques d'Edward Halle et d'Holinshed jusqu'à l'histoire d'Henri VIII, d'Herbert de Cherbury, ou à l'histoire assez récente de l'église anglaise, de Pierre Heylin : il était naturel d'y chercher un complément et un contrôle aux recherches de Gilbert Burnet. Et à cela, le fait que plusieurs de ces ouvrages étaient écrits en langue anglaise n'opposait pas un empêchement invincible : Bossuet avait sous la main Renaudot2, qui lui en eût traduit au besoin

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