‹ Bossuet (volume 3)Chapitre 23 sur 38 · I. — ■ A Vaîentin Conrart · texte numérisé non relu

I. — ■ A Vaîentin Conrart

A Saint-Germain-en-Laye, 22 mai [1671].

Plusieurs de mes amis de la cour, qui sont aussi de l'Académie, m'ont témoigné souhaiter de me voir remplir la place qui y vaque par la mort de M. l'abbé de Chambon ; et m'ont voulu persuader qu'on me l'accorderait volontiers, si je faisais connaître que je la désire. Vous pourrez mieux que personne répondre de mes sentiments là-dessus, vous, monsieur, qui êtes le plus ancien ami que j'ai dans cette compagnie et à qui j'ai fait tant de fois paraître l'estime que j'ai pour elle. Je sais aussi que vous m'avez fait l'honneur de parler de moi, en cette occasion, d'une manière très obligeante. Ces raisons et la considération particulière où je sais que vous êtes dans ce corps illustre, m'invitent à vous supplier de vouloir bien accepter le pouvoir que je vous donne, de dire en mon nom ce que vous jugerez nécessaire et convenable. Je serai aise de marquer à une si célèbre compagnie toute l'estime possible ; et à la réserve de l'assiduité que mes attachements ne me permettront guère, je m'acquitterai avec joie de tous les devoirs qui pourront satisfaire le corps et les illustres particuliers qui le composent. Je ne vous dis rien pour vous-même, puisque vous savez il y a longtemps combien sincèrement je vous honore et avec quelle passion je suis votre très humble serviteur.

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